Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

Du culturel, de manière incontestablement partiale et grinçante.

MATT BAUER & TROY VON BALTHAZAR @ Nouveau Casino avril 21, 2009

Artistes USA / Folk / 17/04/2009

Après un interlude guitare-voix de 20 minutes de Benjamin Oak Goodman et Alina Hardin, respectivement batteur et choriste d’Alela Diane, qui remplaçait au pied levé Thos Hensley et sautaient dans un avion quelques heures plus tard, Matt Bauer a captivé la salle de sa seule présence et Troy Von Balthazar a fait le pitre pour le plaisir de nos oreilles et de nos zygomatiques…

Matt Bauer sur disque c’est génial, Matt Bauer en interview ça vous fait chavirer le cœur, mais alors Matt Bauer sur scène en acoustique tout seul avec un banjo, c’est encore plus fort. Il y a d’abord ce personnage très grand qui occupe la scène sans problème, dont les yeux bleus vous hypnotisent en moins d’une minute. Il y a ensuite ce moment où Matt ouvre la bouche et livre un chant d’une voix à la fois rauque et très douce qui rappelle l’enfance et les berceuses des parents attentionnés, qui vous donnent une confiance et une assurance incroyable auxquelles il faudra s’accrocher tout le reste de sa vie. Et puis ces mélodies folks simples mais efficaces, de celles qui vous font frissonner l’échine délicatement. Le Vj-ing préparé par Matt lui-même, mettant en scène différents éléments récurrents dans son dernier opus (l’eau, la pâleur livide de la peau, des faisceaux de lumière intimes et inquiétants…) accompagnait parfaitement l’ensemble. Lorsqu’il quitte la scène, on est encore bien loin de la salle de spectacle…


Il faut l’énergie et l’univers déglingué de Troy Von Balthazar pour revenir à la réalité. Doté d’un charisme à toute épreuve, l’homme joue avec tout ce qui l’entoure : le public, sa voix, sa guitare, son sampler… Sa folk-rock est toujours aussi amusante. Le Monsieur se permet même un interlude où il fait des claquettes, déguisé en lapin… Seul reproche, je crois que le bonhomme joue un peu trop de ses acquis, pas de grandes nouveauté là-dedans…

Une excellente soirée, concoctée par Pousse Elvis, une structure qui monte qui monte !

Retrouvez les concerts de Matt Bauer et Troy Von Balthazar dans Campus Live sur Radio Campus Paris

 

AU REVOIR SIMONE – Still Night, Still Light avril 8, 2009

Classé dans : Chroniques Musique — Violette Roll @ 3:42
Tags: , , , , , ,

Trio américain / Pop Aérienne / Moshi Moshi – Cooperative Music

 

Deux ans après The Bird of Music, les Au Revoir Simone remettent ça avec un album printanier toujours aussi léger…

Ce nouvel album a un titre de plus que le précédent mais est moins long… arf. Ça commence moyen c’histoire… A priori, il ne faut pas s’attendre à un grand renouvellement de la part des trois Miss de Brooklyn, d’ailleurs la couleur est annoncée dès le début, il ne s’agit que d’une Another likely story. On retrouve donc les claviers, les voix claires en chœur, la boite à rythmes… et leurs thèmes favoris reviennent également : la perte amoureuse, le questionnement, l’inquiétude, la solitude…

Mais si on pouvait se montrer sceptiques à l’idée de se faire à nouveau envahir par la vague électro aérienne américaine copiée-collée de nos frenchies Air (dont elles avaient d’ailleurs assuré les premières parties), on ne peut finalement que succomber une fois de plus et se laisser embarquer dans les épopées éthérées d’Au Revoir Simone. Knight of Wands révèle vos rêves les plus enfouis de Magicien d’Oz, Take Me As I Am est ce vous aimeriez dire en cas de scène de ménage et Organized Scenary vous plonge dans un délicieux sommeil lorsque vous peinez à le trouver.

Douze titres qui fleurent bon le soleil, les arbres bourgeonnants et les robes légères en coton s’agitant dans la brise matinale, délicatement parfumées de senteurs boisées. A écouter à la tombée de la nuit, appuyé à la balustrade de la fenêtre de votre chambre. Fermez les yeux et, oui, vous sentirez la morsure des températures qui déclinent légèrement après une belle journée… Still Light, Still Night.

Note : 8/10

 

MATT BAUER – The Island moved in the Storm février 21, 2009

Classé dans : Chroniques Musique — Violette Roll @ 8:02
Tags: , , , , , , ,

Folk / USA / Autoproduit

La pochette fait froid dans le dos, mettant en scène l’histoire de The Tent Girl, une jeune femme retrouvée noyée enveloppée dans un drap (dont je vous recommande chaudement le récit dans la version kitchissime et désopilante de ce site Internet). Matt Bauer porte cette jeune femme, tel un colosse évadé de prison (tête nue, barbe touffue), peut-être sa manière à lui d’exorciser de vieux souvenirs avec lesquels il a grandi dans le Kentucky. Ca décontenance un peu avant d’écouter le disque… Et pourtant, une fois l’album englouti par votre mange-disque, vous aurez du mal à vous en défaire.

Matt Bauer livre une folk mélancolique qui, dès les premiers accords, vous fend le cœur en autant de morceaux que le disque compte de titres : plus c’est triste, plus c’est beau, plus on a envie de l’écouter et plus on est paradoxalement détendu. Les voix féminines de Mariée Sioux ou Alela Diane viennent s’ajouter régulièrement à la voix rauque et puissante de Matt Bauer, qui apparaît rapidement comme quelqu’un dans les bras duquel on a une irrépressible envie de venir se lover. Que ce soit au banjo (Foxgloves) ou à la guitare (Floride Rain), les accords de Matt Bauer, orchestrés tout au plus par des rythmiques discrètes ou des claps, sont habiles et sans prétention. On en oublierait notre coup de cœur pour Bon Iver. Seize titres qui passent très vite, on a immédiatement envie de réécouter l’ensemble. Quant à recommander quelques morceaux, la tâche est ardue tant l’album forme un ensemble de qualité… Rose and Vine pourrait cependant être une belle synthèse du talent de Monsieur Bauer.

Un album a se procurer d’urgence, car s’il est mélancolique, cet album est néanmoins capable d’égayer vos journées les plus ternes.

Allez, ne lésinons pas, note : 9/10

 

THE SPIRIT – Frank Miller janvier 13, 2009

Film US / bande dessinée de super héros / 2008

The Spirit, ombre justicière, ou Denny Colt, simple lieutenant de police, est né de l’imagination et des dessins de Will Eisner au début de la Seconde Guerre Mondiale. C’est un des rares super-héros à être issu de la classe moyenne (Batman est un riche héritier, Superman est un prince venu d’une autre planète…). C’est aussi un être qui a perdu son enveloppe charnelle, il est mort alors que les autres super-héros sont invincibles. Lorsque Frank Miller décide d’adapter la bande dessinée du Spirit, on se dit qu’il y a matière à réaliser un travail de toute beauté, une complexité du personnage à étoffer et exploiter. Mais au lieu de cela, on a droit à un film hollywoodien qui mise sur un casting de stars et des images de synthèses alambiquées…

Disons le d’emblée, si Samuel L. Jackson n’interprétait pas le méchant Octopus, le film serait du niveau de l’adaptation pitoyable de Daredevil (incarné par un Ben Affleck affligeant et dont Frank Miller était scénariste). Donc le seul atout d’avoir choisi quelques stars pour ce film réside dans la prestation de Samuel L. Jackson, bien que son rôle ne fasse pas honneur à la série d’Eisner puisqu’on ne devrait jamais voir autre chose que les mains gantées de ce personnage. Eva Mendès, incarnant Sand Saref l’amour de jeunesse du Spirit, remplit comme elle peut le rôle bancal qu’on lui fait incarner mais ne convainc pas. Mais la palme du mauvais gout reviens à celle qui incarne Silk N Floss, je trouvais déjà Scarlett Johansson mauvaise actrice et chanteuse imbuvable, cette fois c’est définitif, elle est risible. Il est d’ailleurs à parier que ces tasteless d’Inrocks auront aimé le film pour la raison même pour laquelle je ne l’ai pas aimé.

Ensuite, faire une réinterprétation de la bd grâce aux images de synthèse pourquoi pas, mais il faudrait réfléchir un minimum avant d’opter pour un « tout fond vert ». Lorsque Frank Miller dirigeait Sin City, non seulement il adaptait son propre travail et risquait moins d’en trahir l’esprit de départ, mais surtout il était entouré de bons réalisateurs comme Q. Tarantino, qui l’aidèrent a créer un ovni cinématographique : une bande dessinée animée et filmée. Cette fois, la scène aquatique d’Eva Mendès pue le jeu vidéo, les scènes de batailles avec plein de flingues sont stériles, les dialogues sont dignes de spot publicitaires… Seules les scènes en noir et rouge où le Spirit parcoure la ville par les toits sont vraiment plaisantes, mais là ce ne sont que des scènes en 2 dimensions… et on ne construit pas intégralement un film là-dessus.

The Spirit est déplorable, il y a fort à parier que le second volet de Sin City ne vaudra pas la peine d’être vu. Un film à voir si l’on a du temps à perdre et un verdict définitif cette fois : Frank Miller devrait se contenter de faire ce pour quoi il est doué : des bandes dessinées et non des films.

Note : 4/10