Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

Du culturel, de manière incontestablement partiale et grinçante.

Toy Fight @ Café de la Danse octobre 29, 2009

Groupe Parisien / Pop – Rock / 26/10/2009

Pour bien attaquer la semaine, rien ne vaut plateau musical complet. Composé ce lundi de Maison Neuve en entrée légère et Leisure Society en plat de consistance un peu indigeste, la soirée fut heureusement sublimée par un Toy Fight en guise de sabayon.

Que dire de Maison Neuve ? Leur concert était une première pour moi et, je l’ai bien senti, ils n’étaient pas au meilleur de leur forme. Nouveaux morceaux difficiles, salle plutôt vide car la soirée commençait trop tôt… le spectacle n’en était pas moins intéressant. On connaissait la Maison Tellier, on s’était fait surprendre par Holden il y a quelques années (je ne parle du dernier album qui, malheureusement, est aussi fantomatismique que le disque), Maison Neuve s’inscrit dans le créneau difficile des chanteurs à texte en français et de qualité. Pas toujours évident de faire jaillir la puissance de la langue de Molière, surtout si on lui ajoute quelques mélodies oscillant entre folk western et rock brut. Bref on sent le talent sous-jacent mais le besoin de plus de scène – mais ça, ça dépend des programmateurs hein… ;). Belle entrée en matière donc malgré ses imperfections qui font aussi le charme de cette nouvelle bicoque à surveiller.

La salle se remplit avec la préparation de Leisure Society. En voyant s’installer les sept protagonistes du groupe, on se demande comment on a pu passer à côté de ce septet qui, au premier abord risque de livrer une pop-folk instrumentale intéressante. On s’est demandé « comment », mais on a vite compris « pourquoi ». Techniquement, le trio violon-violoncelle-flute traversière qui accompagne une formation guitare-basse-batterie-clavier est impeccable. Toutes leurs mélodies sonnent justes, sont parfois entrainantes et ont un certain raffinement dans leur complexité. Oui mais voilà, exactement comme pour Camera Obscura lors de la dernière Route du Rock, l’alchimie ne suit pas. The Leisure Society se cantonne à la catégorie « groupe d’ambiance de bal » ou « groupe concourant à l’Eurovision », de la musique à mettre dans des cases, à évaluer avec une simple grille… Dommage, indigeste prestation dont on n’attendait pas grand-chose.

L’avantage d’être précédé d’un groupe moyen, c’est que votre talent, s’il était passé inaperçu jusque là, resplendit deux fois plus. Ce fut le cas pour les joyeux joujoux de Toy Fight ce soir là. Le trio masculin de base (et de choc) a complété sa formation de deux musiciens aussi doué qu’eux dont le multi-instrumentiste Jean. Et sur scène, ils n’ont pas hésité à inviter leurs amis et collègues (via leurs autres groupes) comme Olivier Marguerit (Chicros, Syd Matters), Pauline De Lassus (Mina Tindle) ou Laurie Lassalle à travers leur dernier clip que je vous invite fortement à aller regarder (My Girlfriend Is Better Than Yours). Le constat immédiat qui saute aux oreilles dès les premiers accords du groupe, c’est qu’ils ont fait de sacrés progrès sur scène depuis le Point FMR ! L’humour caustique de Sébastien Broca est encore plus incisif et efficace, ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on a pour nom les meilleurs contes de Pierre Gripari – oui, je sais, Sébastien aurait préféré une référence de son niveau de Fénelonien, Kant ou Deleuze mais ce n’est moi qui rédige là :) …. Maxime Chamoux a toujours la délicatesse de vous prévenir qu’il va se planter dans ses accords pendant la transposition du morceau (et prend la peine de dédier un morceau à ses parents dans la salle). Jean s’amuse comme un gamin dans le fond avec tous ses instruments et gadgets assimilés (et papote avec Olivier, oui je balance car les autres membres sont devant, ils ne voient pas). A côté, Bertrand Faure-Brac et David Simonetta ont l’air d’enfants de cœur avec leurs chemises bien repassées. Enfin Pauline et Olivier font l’animation en passant et repassant d’un bout à l’autre de la scène. Les parties de trompettes d’Olivier sont d’ailleurs un apport intéressant, quand à la voix de Pauline, elle est égale à elle-même, sublime et pétillante. Le groupe a joué la quasi-intégralité de Peplum et nous a gratifié de quelques titres « vieux mais qu’on aime quand même beaucoup » et un nouveau titre (Streetlights) qui rappelle The Limes (tiens tiens…). Lors du rappel, les surprises ne sont pas terminées puisque Toy Fight entame une reprise des Go Betweens (The House Jack Kerouac built) en appelant en renforts Guillaume aka le grand gaillard chanteur de Maison Neuve.

Vous l’aurez compris, si vous n’avez toujours pas écouté Peplum ou vu Toy Fight sur scène, vous avez intérêt à réparer rapidement vos oublis avant de passer pour le dernier has-been. Il ne manquait qu’Orouni pour que cette soirée soit parfaite, mais il était dans la salle ce n’est déjà pas si mal. A force de vous écrire que cette nébuleuse de parisiens est bourrée de talent, vous allez finir par être d’accord avec moi…

Note : 8,5/10

Crédits photo : Not For Tourist Paris, dont je conseille aussi le live report :)

A lire également la chronique de Mein zu Hause Mein Blog

 

MINA TINDLE @ Le Baron octobre 25, 2009

Groupe français / Pop / 19/10/2009

Le sourire timide de la charmante Pauline...

Le sourire timide de la charmante Pauline...

Seconde entorse à mon souhait de ne plus remettre les pieds dans un club vieillot qui se croit plus original et chic qu’il ne l’est (après My Girlfriend Is Better Than Yours), seconde fois que je passe une bonne soirée (ce n’est pour autant que je vais changer d’avis sur le lieu, en témoigne le club de pétasses en fourrures et sacs dorés ayant tourné les talons en voyant une faune inhabituelle devant leur repaire d’escort-girls).

Derrière Mina Tindle se cachent une partie de Toy Fight (Maxime Chamoux) ou des musiciens boulimiques de musique et de travail (Guillaume Villadier), exigeants mais souriants, discrets et humbles mais n’hésitant pas à remuer le public amorphe, bling-bling et dépourvu de capacité d’appréciation musicale. Malgré quelques soucis de sampling de Pauline liés à un jeu de lumière à l’image du club, Mina Tindle livre un petit concert tout en douceur à leur image. On fait vite abstraction des nazes broques avoisinants pour ne plus se concentrer que sur la musique et par-dessus tout, sur la voix au timbre délicieux de Pauline.

Le concert terminé, les fréquentateurs usuels du Baron commencent à envahir l’espace, il est temps de s’en aller rapidement… Il nous tarde de découvrir quel disque Mina Tindle compte sortir, le deux titres est largement assez fantastique pour qu’ils y donnent une suite. L’idée de mini-album à la manière de Marie-Flore pourrait s’avérer une bonne idée ?

Note : 8/10

Crédits photo : Olivier Peel

 

TOY FIGHT @ Point FMR mai 20, 2009

Groupe parisien / Pop-folk / 19/05/2009

Après avoir chroniqué l’album et avoir mené laborieusement une interview des Toy Fight, il ne restait plus qu’à tirer quelques conclusions d’une prestation scénique. Deux Live report en une chronique : retour sur les concerts de la Maroquinerie (14/05) et du Point Ephémère (19/05).

© Michaurel

Il y avait seulement cinq jours d’écart entre les deux concerts et pourtant, les progrès étaient déjà réels. Ils disposaient au Point FMR d’un peu plus de temps que dans le cadre des Inrocks Indie Club (cf. les playlist de 9 et 11 titres). La rigueur et la maîtrise générale a mis un terme à des arrangements encore parfois hasardeux (mais terriblement touchants) sans pour autant faire perdre leur fraîcheur aux six parisiens. Car c’est bien tout le charme de ce groupe : partis pour ne plus revenir en 2006, on les a retrouvé in-extrémis en 2009 avec la même fébrilité que lorsqu’on tombe par hasard sur de vieux amis. On est happé en un rien de temps par leur bonne humeur et leur spontanéité, à l’image des mélodies qu’ils construisent, perpétuelle valse d’instrument. Soulignons à ce propos le talent de Jean Thévenin, aussi à l’aise à la batterie, au clavier, à l’accordéon, aux claves, voire à la clarinette ! La douce voix (un peu nerveuse) de Mina Tindle apporte la touche féminine qui parfait l’ensemble.

© Michaurel

Lorsqu’on évoque une scène folk parisienne, on devrait immédiatement penser à des groupes comme Syd Matters ou Los Chicros, il est temps que Toy Fight les rejoigne.

Note : 8/10

 

Setliste à la Maroquinerie (16/05) et au Point FMR (19/05)

Setliste à la Maroquinerie (16/05) et au Point FMR (19/05)

 

TOY FIGHT – Interview de Joujoux très choux @ Coop QG avril 23, 2009

21/04/2009 – QG de Cooperative Music

Lorsque j’arrive, Maxime, Sébastien et Jean jouent aux billes. Ils ont l’air content de voir une nouvelle tête et trouvent qu’on pourrait se servir du zoom comme d’un Taser ou d’un Rasoir Electrique. Je leur ai apporté un casse-tête, Jean s’en empare tout content de pouvoir s’occuper. On s’installe, ils essayent de me vendre un disque d’or incrusté dans un parquet.

Interview Hibou, Caillou… Pleine de Joujoux et très Chou, où l’on se retrouve débordés de partout.

Round 1

Round 1

M : Bon allez hop, play, on attaque direct, perso je ne m’attendais plus du tout à votre retour…

(rires) Sébastien : Il est vrai que ça en a surpris plus d’un…

M : Ils ont utilisé quoi chez CitySlang pour vous faire changer d’avis, un jouet hi-Tech ?

Maxime : Ben… ils ont été gentils, ça a suffit !

Sébastien : Ils ont été assez gentils puisqu’au départ on leur a pas forcément donné envie de nous signer vu qu’on faisait partie de plein d’autres groupes, qu’on ne faisait plus de concerts ce genre de choses – et donc ils ont été quand même assez gentils pour continuer à s’intéresser à nous, à bien vouloir nous donner un peu de sous pour faire un disque… donc en fait ça a suffit et c’est déjà pas mal (rires) !

M : Et donc vos projets parallèles c’est encore d’actualité ou ce n’était que des amusements éphémères ?

Maxime : Dans mon cas c’est encore d’actualité avec Please Don’t Blame Mexico ! Dans le cas de David, The Limes c’est plus que jamais d’actualité et puis ben Jean… et sa pléthore de groupe…

Sébastien : C’est la star ! Qui joue dans plein de groupes !

Jean : Je joue dans d’autres groupes, Tahiti Boy… Fugu…

[…]

M : Ok donc c’est toujours d’actualité…

Maxime : oui oui surtout les groupes de Jean…

Jean : Bah toi aussi en ce moment… alors je te retourne le compliment ! (rires)

M : Donc, moi j’avais chroniqué Péplum il y a un petit moment maintenant et…

Sébastien : Non pas Péplum, Anagram Dancies

M : Non Péplum et…

Sébastien : Celui qui va sortir là ? Mais comment tu fais ? Il est même pas sorti ? C’est quoi ton truc ?

M : Coop sont des gens formidables tu sais…

Maxime : ah mais c’est toi Violette !

Sébastien : Ah mais oui merci, en plus elle est bien cette chronique ! Mais t’es hyper en avance sur tes collègues toi ! (rires)

Maxime : … sur ton temps

Jean : … sur ton siècle j’ai envie de dire (rires)

M : Bref (rires) je voulais savoir pourquoi vous l’avez appelé comme ça ce disque, quelle est votre version du Péplum ?

Maxime : Alors l’histoire du titre qui est… cocasse (rire). C’est à dire que une après-midi avec David qui n’est pas là, on avait trouvé comme titre d’album… Contredanse. Et donc le soir on avait l’anniversaire d’une amie, et donc tous nos amis étaient réunis, et on est allé vers une… une amie ! – Puisque toutes mes phrases se finissent par « ami » (rires) ! -qui s’appelle Marika. Et on est donc arrivé vers elle et on lui dit « tiens on a trouvé un titre pour notre album, ce sera Contredanse ». Et à ce moment là elle a répondu « Wow Contredanse, j’sais pas, ça fait un peu pompeux, ça fait un peu péplum ». Et là, on était là avec Seb et David et on s’est dit que c’était ça le mot, et voilà.

Sébastien : Mais du coup y’a pas de rapport vraiment direct avec un amour pour le… genre. C’était plus une association d’idées, on s’est dit que ça convenait bien.

Maxime : En fait c’est le côté archi-prétentieux de ce à quoi ça renvoie le péplum, ce côté surproduction et tout ça… comparé à la relative humilité – et pas humidité (rires) – de la façon dont on a conçu l’album. Le contraste était marrant.

Jean, Sébastien : cocasse.

M : ok, moi je croyais qu’il y avait un lien entre Toy Fight et le fait que le Péplum soit un combat, et puis comme vous n’étiez pas censés revenir alors vous revenez avec grandiloquence, vous faites les choses avec panache… tout ça tout ça…

Sébastien : Pas mal du tout, tu as poussé encore plus loin l’éxégèse que nous en fait !

Maxime : C’est pas mal on le ressortira dans une prochaine interview… (rires) Le prochain album va s’appeler Armageddon en fait… (rires)

M : Bien… Revenons à l’album, j’ai relevé une multitude d’instruments dans cet opus (Sébastien : c’est bien tu as bien écouté !) …et je me demandais si vous étiez plutôt « jouets en bois » – à l’ancienne, classique tout ça – ou jouets super perfectionnés – qui se bidouillent, on peut expérimenter des trucs… ?

Jean : Je tiens à dire qu’on peut expérimenter des trucs avec des jouets en bois (rires) Non mais c’est vrai ! Par exemple tu prends une petite voiture en bois, et ben si t’as une scie par exemple, tu peux la scier et en faire autre chose et…. Tu vois ? (rires) Non mais c’est vrai !

M : Elle ne fonctionne plus ta p’tite voiture si tu la coupes en deux !

Jean : Mais non si tu coupes le dessus tu changes la forme mais elle roule encore ! (rires)

Maxime : Mais comment tu fais de la musique avec une demie voiture en bois ? (rires)

Jean : Non mais ce que j’veux dire c’est que tu peux prendre des choses en bois et expérimenter quand même avec. (rires)

Maxime : Mais ça n’a rien à voir ! (rires) Tu racontes n’importe quoi !

Jean : Mais non parce que tu avais l’air de dire qu’on ne pouvait expérimenter qu’avec des choses très technologiques dans ta question…

Sébastien : Et là je m’inscris en faux (rires) ! Je dis non (rires x10) ! Une voiture en bois sert à expérimenter !

Maxime : Une voiture en bois, une scie et c’est parti !

Fou-rire généralisé… Qu’est-ce qui m’a pris de poser une question aussi déplacée ?

Note à l’attention de Coop : êtes-vous certains de n’avoir mis que de l’eau dans les verres de ces jeunes ??

Jean : Non mais en fait tu voulais parler des instruments acoustiques et des instruments électroniques… C’est pas mal ça comme question… D’où ma réponse, je pense qu’on peut faire de l’électronique avec des instruments d’acoustique… Je pense qu’on peut utiliser un instrument acoustique différemment comme les mecs qui jouent de la guitare à l’archet ou…un Ukulélé avec une baguette quoi !

M : Voilà mais justement vous faites ce genre d’expériences ou pas ? Parce que c’était ça la question ! (rires)

Sébastien : Guitare à l’archet non en l’occurrence.

Maxime : Non non mais en fait de part la limite de nos connaissances en la matière on n’est pas très euh… On n’est pas très matos quoi en fait. C’est juste qu’on s’y connaît assez peu, on va pas tous les après-midis à Pigalle pour chercher les derniers trucs… (petit silence) Non non, t’as eu peur hein ! (rires) On n’est pas des nerds d’instruments, on a quelques petites bricoles avec lesquelles on essaye de tirer le plus de possibilités, desquelles on essaye de tirer le plus de…

Sébastien : Par exemple des boîtes de conserves Jean !

Jean : Y’a des boîtes de conserves et des casseroles qui ont été essayées sur ce disque…

Sébastien : C’est un peu jouet en bois ça non ?

Jean : Sur Minute Song notamment, y’a 2 doubles croches à la boîte de conserve… (rires)

Round 2

Round 2

M : Et sur cet album il y a 16 titres et… (Sébastien : enfin ça ne fait que 35 minutes hein…) je voulais savoir pourquoi il y a ces trois petits teasers : David, Maxime et Sébastien présentent…

Maxime : Alors, l’histoire des interludes… Il se trouve que Toy Fight est un groupe qui polémique énormément et qui débat beaucoup. Donc on passe beaucoup de temps, on a beaucoup passé de temps pendant l’enregistrement à juste discuter.

Sébastien : A débattre des options, à ne pas être d’accord…

Jean : D’ailleurs il y a un ouvrage (rires) qui va sortir, que sont les débats de Péplum (rires), c’est un livre gros comme ça (il écarte les doigts de 10 cm) sur tous les débats…

Maxime : Et Jacques Attali préface hein… ! (rires) … Et donc voilà, quitte à ce qu’on « perde beaucoup de temps » – mais ce n’est pas du temps perdu, sauf qu’on s’en rend compte qu’après mais… Bref, au bout d’un moment, outre parfois l’agacement ou la perte de patience que peut occasionner les débats comme ça, c’est devenu une blague entre nous de toujours tout remettre en cause et tout ça. Et pour prendre le contre-pied radical de ça,  est venue l’idée à un moment de s’accorder dans l’album 33 secondes chacun où l’on ferait absolument ce qu’on veut.

Sébastien : L’idée c’était que les autres n’aient rien à dire, clairement chacun avait son espace de liberté, a seule contrainte étant que cela fasse 33 secondes.

Maxime : 33 secondes voilà… Donc c’étati pensé comme un espace de pure liberté à chacun de nous 3.

M : Et en plus de vous trois, fondateurs du groupe, vous vous êtes fait de nouveaux copains… – Maxime  : Enfin ce sont plus juste des musiciens que des potes hein… / Sébastien : des collègues oui ! (rires) – et vous êtes à présent six dont une fille. Vous avez donc cassé le mythe des garçons qui jouent ensemble, est-ce qu’il y a des jeux de filles et des jeux de garçons ?

Sébastien : Ah ouais en fait tu fais toute l’interview sur le thème du jeu et du jouet c’est pas mal !

M : Oui original hein…

Sébastien : Disons que quand on a décidé de faire ce disque pour CitySlang, on est tombé d’accord assez vite avec Maxime et David pour dire qu’on avait envie d’élargir un peu le groupe… Avoir une vraie batterie, avoir un bassiste et tout. Pauline c’est un peu différent car on la connaît depuis longtemps… elle avait un peu chanté avec nous

Ici digression Classe Prépa ou lorsque l’interview part définitivement en sucette… :

M : en prépa ? Parce que c’est ça, officiellement vous avez fondé Toy Fight en Prépa…

Sébastien : non au lycée. Oui on a fondé Toy Fight en prépa.

M : Littéraire ou Scientifique ?

Maxime : On essaye de le cacher…

Sébastien : oui mais tout le monde le sait (rires). Littéraire.

M : Où ça au fait ?

Sébastien : du coup du coup…

Jean : Où ça elle a dit ! Fais pas la sourde oreille ! (rires) Change pas de sujet tu vas pas t’en sortir comme ça !

Sébastien : Ahhh Où ça ? A Fénelon.

[…]

Maxime : On a des têtes de Féneloniens, « ils ont l’œil droit qui part en vrille c’est des Féneloniens ! ». (rires)

M : Ah et vous ne connaissiez pas une Maroushka.. ; Elle vous aurait plu, elle était complètement barrée, adoratrice de philosophes comme Spinoza et Deleuze. Elle jouait du Bob Dylan et elle venait toujours en cours avec une guitare et son harmonica accroché… Et elle ressemblait à…

Maxime : à rien (rires) ! Non je vois pas mais effectivement ça aurait été un bon sujet d’étude ! C’est donc ton ennemie cette fille ? (rires)

M : Non j’men fiche, ça vient seulement de me revenir (rires)

Maxime : Oh non non j’men fout de cette fille, c’est juste que je la cite dans chacune de mes chroniques, cette chanson est vraiment nulle à chier, ça me rappelle d’ailleurs Maroushka ! » (rires) C’est un peu comme Murat avec Dao quoi, tu la places à chaque fois…

D’accord… Bah c’est marrant. Donc euh…

M : Oui revenons à nos moutons, (rires)

Sébastien : Donc voilà, je reviens à mes moutons. Pauline on la connaît depuis longtemps, elle chantait un peu sur Anagram Dancies, et Jean et Bertrand on les a rencontré plus récemment pour l’album… Donc on cherchait des musiciens on a trouvé des amis… Non je rigole ! (rires)

Maxime : Jacques Ségéla ! (rires)

Sébastien : Bah voilà et puis du coup ça s’est fait assez naturellement…

M : C’était pas une commande de CitySlang par exemple…

Sébastien : Non non c’est nous qui avons décidé qu’on voulait d’autres musiciens.

Jean : Une team

Maxime : Un Krew quoi !

M : D’accord, vous savez quoi c’est la dernière question…

Maxime : Non mais c’est scandaleux c’est quoi cette interview !

M : On continuera autant que tu veux si tu y tiens ! En attendant je termine toujours mes interviews en demandant quels sont les 3 derniers albums qui vous ont marqué ?

[Enorme et long silence]

Maxime : Bon, ce n’est pas du tout du désintérêt pour la question de notre part, on ne répond pas mais c’est parce qu’on est les plus gros nerds de la terre et ça nous prend du temps de répondre à ça…

Donc moi je vais dire Se O Caso E Chorar de Tom Zé. C’est un album de pop brésilienne si on peut appeler ça comme ça. Un album écrit à la fin du mouvement tropicaliste. Des titres assez court de 2-3 minutes maxi. Où effectivement il mêle tradition brésilienne, changement d’accords assez brésilien, perçus et sens du rythme brésilien avec des formats Pop couplet-refrain. Ce qui me plaît c’est la pétulence (rires) Non mais hé ! L’espèce de joie assez enthousiasmante, la façon de jouer et chanter assez vivifiante sur cet album.

Jean : Un peu comme dans le gel douche Ushuaia, il est pétulant… (rires) Bah moi pour prendre quelque chose de plus moderne je dirais le dernier album de Dan Deacon.

Sébastien : et un dernier qui fait consensus auprès du groupe et parce que je trouvais rien d’autre, c’est le dernier album des Walkmen, You and Me, qui est vraiment un de nos albums préférés de l’an dernier.

M : Bon super ! Vous avez autre chose à ajouter ?

Maxime : Non que… Je conseille à tout le monde d’acheter notre disque mais surtout d’écouter les groupes parisiens qui ne sont pas signés comme nos amis de Maison Neuve et Orouni. Et… que y’a plein de choses qui se passent en ce moment en France et à Paris et qu’on espère que les labels vont s’en rendre compte !

M : C’était donc le mot de la fin ! Merci, stop !

Round 3

Round 3

Fin des hostilités, chacun range ses jouets et va chahuter ailleurs que dans les locos de Coop :) ! Maintenant il ne reste plus qu’à aller juger de la performance scénique en mai !

Merci à Michael – Coop, qui a permis cette interview rocambolesque.

Crédits photos : ElDave

 

TOY FIGHT – Peplum avril 3, 2009

Groupe parisien / Pop-rock / Cityslang

Trois ans qu’on attendait la suite des aventures d’un groupe parisien qui mérite d’être connu et reconnu… Sébastien Broca, David Simonetta et Maxime Chamoux passent avec brio le périlleux exercice du second opus.

Sortir un bon premier album lorsqu’on est un groupe de rock-pop parisien, ce n’est pas gagné. Il faut éviter le piège des baby-rockers (Second Sex, BB Brunes …ou pire, les Naast) et des groupes bankable dénaturés (The Do). Mais également se démarquer des proches ainés talentueux (Syd Matters). Autoproduit, le premier opus de Toy Fight (Anagram Dances) avait ravi nos oreilles en 2006, restait alors l’épreuve la plus difficile : le retour de bâton de la critique lors du second album labellisé. Après avoir longtemps hésité à tout plaquer, le groupe livre finalement seize titres qui vous embarquent dans une aventure musicale, entrecoupée de trois teasers d’une demi-minute (David Simonetta présente, Maxime Chamoux présente et Sébastien Broca présente).

Dans un bon Peplum, il y a d’abord des costumes. La pop de Toy Fight s’est parée de tous les atours nécessaires pour livrer bataille à la médiocrité : voix, guitares, mandoline, banjo, glockenspiel, piano, farfisa, claviers, mélodica… Et puis, pour mieux se battre, notre trio a recruté trois nouvelles têtes pour leur prêter main forte : Bertrand Faure-Brac (bassiste ingénieux), Jean « Jaune » Thévenin (batteur humble), et Pauline De Lassus (voix féminine bienvenue).

Après évidemment, il faut des grands discours de valeureux guerriers, toujours un peu mystérieux et très poétiques. Le respect des aînés d’abord, la britpop, le Velvet Underground, la vague scandinave sont des influences qui sont respectées sans être plagiées ou dénaturées. Les paroles aussi, encore une fois notre groupe parisien s’en sort très bien : lorsqu’on chante dans une autre langue que son langage maternel, on ne conceptualise pas exactement les idées comme un natif le ferait. Cela donne lieu à des paroles fantastiques et surprenantes (Les Indes Noires) et terriblement craquantes (Golden Make Up).

Enfin, dans tout Peplum se dissimule toujours une histoire d’amour. La déclaration de Toy Fight va droit au cœur, ils aiment trop la musique pour la quitter. Dépêchez-vous donc de les accueillir comme il se doit, le paysage musical de notre vieille capitale en a bien besoin.

Toy Fight était un trio autoproduit, trois ans après c’est un beau groupe signé chez Cityslang. Bis repetita placent, ce second opus est leur victoire.

Note : 8,5/10

Retrouvez aussi : l’interview et la chronique du concert