Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

Du culturel, de manière incontestablement partiale et grinçante.

TAHITI BOY and the Palmtree family @ La Maroquinerie janvier 22, 2009

Pop, folk, rock / groupes français / 20/01/2009

La SetListe du soir, par Syd Matters

La SetListe du soir, par Syd Matters

 

Third Side Records fêtait ses 7 ans d’existence pendant 2 soirs à la Maroquinerie, et pour l’occasion, avait réuni la quasi-intégralité de ses petits protégés. En ce premier soir, me souvenant de la soirée de lancement de l’album de Tahiti Boy and the Palmtree family au Point Ephémère (29 mai 2008), je m’attendais à trouver une salle comble d’ultra-bobo-folkeux parisiens. Eh bien il n’en était rien : salle à demi pleine, public calme mais blasé à la parisienne quand même et groupes sympathiques.


Fugu : c’est « mimi » dirait-on : frais, simple, pas trop mal joué, pas trop mal chanté… mais rien de très original… attendons qu’ils mûrissent.

Flairs : J’étais intriguée par leur titre Better than Prince et voulait les voir sur scène pour juger de la chose. 3 hommes, plus tout jeunes, plutôt doux et tranquilles. Le clavier est marrant et semble prendre beaucoup de plaisir sur scène, le chanteur/guitariste est complètement drogué et s’énerve de ne pas trouver de médiator, le batteur est concentré… Le tout est dansant, amusant, en anglais un peu écorché. J’attends de découvrir l’album !

Tahiti Boy and the Palmtree family : Bon alors la dernière fois, Tahiti Boy et toute sa clique n’avaient pas été exactement à la hauteur de mes espérances. Cette fois, il y eu du travail et ça se sent ! D’abord il y a eu incontestablement des efforts en matière de chant, car Tahiti Boy est bien gentil, a de belles idées, de très chouettes projet mais… chante comme une casserole. Du coup, quand les autres chantent avec lui ou à sa place – notamment lorsque Jonathan de Syd Matters s’y colle sur Who knows ? - c’est vraiment chouette, mais lorsqu’il prend le micro c’est un peu limite… Enfin, on sent les progrès de Tahiti Boy en la matière, même le chanteur de Revolver est audible : Brooklyn ou Not only for the weekend sont de beaux titres à présent. Pour ce qui est des mélodies, c’est toujours aussi bien, grandement influencé par les Beatles (surtout 1973). Quand à l’ambiance, il s’agissait d’un anniversaire donc cotillons, paillettes et colliers de fleurs hawaïennes étaient au rendez-vous, l’ambiance était agréable.

Une belle soirée, on souhaite bonne continuation à Third Side et ses recrues.

Note : 7,5/10

 

ARCH WOODMAN – Drapped Horse Blue Licorne Argentée Feather Blue janvier 19, 2009

Folk-rock / Groupe français / 2009 / Autoproduit

Tombée sous le charme au Nouveau Casino, voilà enfin l’album d’Arch Woodman. Et force est de constater que ce qui m’a surprise et convaincue sur scène se retrouve tout autant dans l’album.

Alors en voyant le titre de ce premier disque, on pourrait que le jeune se la joue supra-arty-hype-machin-chouette à la parisienne… Mais non, l’opus est certes soigné, mais pas alambiqué pour autant. D’ailleurs les titres ont des appellations très simples, eux. Et puis il n’est pas parisien mais breton. Et comme dit le proverbe : Tout est bon dans le breton !

L’ambiance légèrement mélancolique, créée à l’aide d’une guitare, d’interventions ponctuelles d’instruments à vent, de carillons et d’une voix feutrée qui accompagne le tout pour mieux mettre en valeur les mélodies entrainantes, parfois même étourdissantes. Le soutien d’une voix féminine sur We were HuntersPenfriends ou Horse Trapper est bienvenu. Slowly singing, pièce maîtresse du disque avec ses 12 minutes, est une belle synthèse des évolutions à la fois calme et plus nerveuses dont est capable le jeune groupe.

 Le disque totalise 38 minutes, et chaque seconde a ici a toute sa place pour une raison simple : Arch Woodman est perfectionniste. Car il s’agit bien de qualité ici, les voix et les rythmiques s’effacent au profit d’arrangements soignés, on reconnaît un amoureux du son avant tout. Il y a quelques années, on avait fait les mêmes remarques à propos d’un certain Syd Matters… vous saisissez ? Souhaitons à Arch Woodman autant de succès que ses aînés (Pokett, Do Make Say Think sont aussi des références perceptibles tout au long de l’opus). L’année 2009 commence en douceur et en beauté. 

Note : 8/10

 

BILAN MUSICAL 2008 décembre 31, 2008

Chaque année c’est la même chose, on regarde la liste des albums écoutés, des concerts vus, des chroniques écrites ou lues… et on se dit que c’est débile de vouloir établir un classement des meilleurs albums de l’année. Et pourtant on ne peut pas s’en empêcher, on recommence…

Alors voilà mes impressions concernant les disques et concerts qui ont été infligés à mes oreilles pendant un an. L’année derrière j’ai décerné trop de médailles, alors cette fois je suis un peu plus stricte. Il n’y aura pas de Top 10, mais 10 coups de cœur, et bien entendu je vais vous expliquer pourquoi.

N.B : Occasion ici est donnée comme chaque année de remercier tous les professionnels de la musique qui me font l’honneur et la faveur de me laisser entrer dans leurs salles et /ou écouter leurs albums. A ceux qui me font aussi confiance pour la personne que je suis. Merci.

MON TOP DISQUES

MetronomyNights Out (Because) : mon coup de cœur des Transmusicales 2007. L’album a atterri dans mes mains en mars mais n’est sorti qu’en août. Du talent sur scène, du talent sur disque, un condensé de tubes, trois anglais nonchalants (cf. interview) qui ne se prennent pas au sérieux sauf lorsqu’il s’agit de jouer correctement.

Syd Matters – Gost days (Because) : et dire que j’ai failli les oublier dans mon palmarès ! Lorsqu’on parle de groupe parisien, selon moi cela devrait ressembler à la magnifique folk pop-rock épurée et mélancolique de Jonathan Morali.

Noah and the WhalePeaceful the world lays me down (Young and lost club Records) : la pépite, découverte inattendue au cœur de l’hiver froid et pluvieux de Paris. Sorti en août, estampillé « Pépite » par moi-même trois mois plus tard.

Of Montreal Skeletal Lamping (Polyvinyl) : novateur, on quitte la pop sixties et ses cœurs mielleux pour un panaché d’influence plus contemporaines. Paradoxalement c’est surtout un retour aux sources des premiers albums, on approche la perfection, que va t’il inventer la prochaine fois ?

The Do A mouthful (Cinq 7) : The Do, je les suivais depuis un an lorsque leur album a enfin vu le jour en janvier. Eclectique, drôle et poignant, un premier album de grande qualité qui a connu le succès qu’il méritait (prédit dès mars 2007).

Mgmt – Oracular Spectacular (Columbia) : Brooklyn produit chaque année son lot de jeunes talents. Un EP en 2006 nous avait mis l’eau à la bouche, deux ans plus tard le charme de Mgmt a opéré comme il se doit (sur disque, la scène appelle encore à quelques progrès).

Vampire WeekendVampire Weekend (XL Recordings) : un nom digne d’un film de la Nouvelle Vague, des sonorités largement empruntées à l’afro-beat… Brooklyn a encore frappé et fort. Est-ce en partie grâce à cette mode de la musique sud-africaine qu’un Obama pourra être élu Président des Etats-Unis quelques mois plus tard ?

Hot ChipMade in the Dark (EMI) : Quand l’électro réconcilie nerds coincés et accros du dancefllor… c’est peut-être fait dans le noir, mais c’est loin d’être réalisé à tâtons !

Grampall Jookabox Ropechain (Asthmatic Kitty records) : voilà la découverte qu’on a vu venir de nulle part ! Lorsqu’on passe son temps à écouter des disques et qu’on trouve quelque chose qui ne ressemble à rien de ce qui se fait en ce moment, on exulte. C’est le cas avec David Adamson qui nous entraine dans son univers fantastique et paranormal. Enregistré en une semaine, cet opus est un peu abrupt au départ, mais après quelques écoutes c’est de la poudreuse…

The NotwistThe Devil, You + Me (Coopérative Music) : ils sont allemands et ils ne font pas de l’electro. On a attendu la sortie de la sixième perle pendant cinq ans, et on n’est pas déçus, non, tout simplement subjugués par la complexité des arrangements, la pureté des lignes des voix, la beauté de l’objet. Un sans faute !

Mentions spéciales (car il fallait se limiter à 10 mais j’en aurais bien mis plus)

Sébastien Tellier Sexuality (Record Makers) : J’aimais l’album avant l’Eurovision rassurez-vous. Sébastien Tellier fait des albums concepts, il s’est attaqué à l’électro cette année et tout le monde attendait une bombe du dancefloor. Que neni, du retro-ringard à souhait, qui est jouissif lorsqu’on le prend au 3e ou 4e degré, pari réussi pour Sexuality !

TV on the Radio Dear Science (Interscope) : bon, j’aurais pu le mettre dans mon classement, mais j’ai découvert Grampall Jookabox entre-temps. J’ai raté leur concert (sans quoi ils m’auraient conquis).

Ez3kielBattlefield (Jarring Effects) : Roméo et Juliette version électro-rock et jeu vidéo ? vous avez frappé à la bonne porte ! Après le délicieux et suave Naphtaline, Ez3kiel reprend les armes et attaque fort. En concet c’est encore plus impressionnant.

SubtleExiting Arm (Lex) : troisième opus d’un sextet bien rodé, toujours aussi complexe et original.

Calvin Harris – I Created Disco (Cinq 7) : Parce qu’il est jeune et prometteur, parce qu’il a mon âge et fait de la musique qui s’adresse à ma génération… Un premier album qui tire souvent sur les mêmes ficelles mais terriblement efficace.

MON TOP CONCERTS

Janvier : La Caution et Beat torrent @ Nouveau Casino

Afin de fêter comme il se doit ses 10 ans d’existence et d’indépendance, Radio Campus Paris avait concocté deux soirées de qualité. Moi pour qui le rap et le hip-hop ne sont pas une prédilection, j’ai été subjuguée par La Caution (qui n’avait pas joué depuis deux ans à Paris). Beat Torrent a commencé à jouer au moment où je quittais la salle, du coup je suis restée deux heures de plus, tant leur travail est minutieux, de quoi faire pâlir 2 Many Djs.

Février : Syd Matters @ Café de la Danse

Qui n’a jamais écouté les disques de Syd Matters loupe quelque chose. Qui n’a jamais vu Syd Matters sur scène ferait bien d’y remédier. Poésie, magie, délicatesse des accords, une voix à vous faire pleurer les saules. J’ai vu 5 fois le spectacle en quelques mois, 5 spectacles différents.

Mars : Menomena @ Point Ephémère

Je ne pensais pas être aussi agréablement surprise par Menomena. Je pensais que tout était dans le disque. Eh bien une fois de plus, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Une énergie à couper le souffle, un batteur un peu fou, un spectacle bien rodé… rien à ajouter.

Avril : Sébastien Tellier @ La Cigale

En février, je m’entretenais avec Sébastien Tellier et assistais au premier concert de son nouvel album d’électro-seventies ringarde. Les basses me rentraient dans le ventre, mon cœur faisait des bonds, Sébastien était trop stressé et le public était venu par curiosité plus que par intérêt pour que la soirée soit réussie.

Deux mois plus tard, on retrouve une salle de la Cigale comble et un show sans fautes. Sébastien est dans son élément, raconte 200 bêtises à la seconde, le son est bon (ce qui est plus que rare à la Cigale). S. Tellier se déhanche, masturbe son micro en plexiglas, se vautre sur le piano… On retrouve tout le second degré (voire deuxième, voire troisième) qu’il faut adopter pour adorer cet artiste.

Mai : Of Montreal @ Point Ephémère

Concert surprise un jour férié. En ce jour d’arrêt d’un des plus grands massacres du XXe siècle, Of Montreal déclenche les hostilités, partant à l’attaque d’une salle réceptive et survoltée. Mimes et acrobates, ballons, canons à confettis, Vj-ing déjanté, costumes foutraques (Kevin était torse nu, vêtu d’un short et d’un collant en lycra et des santiags bleu-turquoise ; Brian avait une djellaba…). Le spectacle est impeccable, la musique est géniale. A la sortie, rendez-vous est pris pour leur venue en octobre pour leur neuvième album, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde (interview +spectacle à l’Elysée Montmartre), comme quoi ça sert les filtres audio !

Juin : Camille et I’m From Barcelona @ Le Rock dans tous ses Etats – Evreux

Je n’avais pas aimé le nouveau disque de Camille, je n’attendais donc rien de son spectacle. Aucun instrument mais un orchestre humain, une petite puce à l’énergie débordante et bourrée d’humour. Ca groove, le son est nickel, c’est mon coup de cœur spectacle de l’année.

Pour fêter ses dix ans d’existence, le RDTSE s’est offert une surprise party animée par I’m From Barcelona : ballons, chorales, musiques qui swingue, joyeux anniversaire le Rock !

Juillet : The Do et Iggy and the Stooges @ Garden Nef Party – Angoulême

Hasard (ou manque d’imagination) des programmations, après avoir vu The Do pendant tout 2007 dans des petites salles pour des spectacles toujours géniaux, j’ai assisté aux concerts de The Do sur plusieurs festivals  bondés (Evreux, Arras) pour des shows ultra-décevants. Reprise en main au splendide festival d’Angoulême. Le site est magnifique, les efforts en matière de préservation de l’environnement sont aboutis (gobelets consignés, toilettes sèches, nourriture et boissons bio, recyclage poussé des déchets), le soleil brille… et Olivia et Dan semblent soudain à nouveau heureux de jouer.

Sans Iggy Pop, the Stooges ne seraient rien : leur musique n’est pas fantastique, ils n’ont rien d’original dans leur jeu de scène et ils ne sont pas beaux. Iggy Pop lui, malgré son âge qui le rattrape doucement mais surement, est en pleine forme. Il se déhanche, grimpe sur les baffles, réaffirme sa joie d’être sur scène et assure un spectacle irréprochable.

Septembre : Turzi + Zombie Zombie @ Point Ephémère

Soirée Kraut-rock ! Programmés ici dans le cadre du festival Jazz à la Villette, les deux Zombies ont eu la magnifique idée d’intégrer des lignes de saxophone dans leur électro-batterie. Les titres en association de Turzi et Zombie Zombie était également bien trouvés. Enfin Turzi, le prodige qui a bien fait de ne pas attendre que les français reconnaissent son talent pour l’imposer au reste du monde, nous livre un mélange de A et B. La suite, la suite !

Novembre : Phoebe Killdeer @ Café de la Danse

Elle est belle, elle a du chien, elle est enceinte et une pêche d’enfer. Spectacle sans faute, on est sous le charme en quelques minutes. Quelle bonne idée d’avoir abandonné Nouvelle Vague !

Novembre : Poni Hoax @ EMB-Sannois

Honte à ceux qui n’ont pas daigné bouger leurs carcasses pour assister à un show déjanté, bourré d’humour et d’une qualité qui fait plaisir. On assiste à Poni Hoax et on reprend espoir dans les groupes français.

Décembre : GaBLé @ Ubu – Transmusicales – Rennes

Parce que je n’avais pas vu venir le buzz, parce que je n’avais écouté le disque avant, parce que ces trois jeunes là sont charmants et drôles, tout simplement parce que leur musique est éclectique, électronique et émérite.

MON TOP POCHETTES (un album bien décoré ne peut jamais être foncièrement mauvais)

John et Jehn : deux albums de cinq titres chacun, un garçon et une fille habilement dessinés par le tatoueur de John, le tout en noir et blanc. C’est beau, c’est classe, c’est rock n’ roll. J’aurais juste préféré qu’ils s’appellent Jehn et John, gentleman touch oblige…

Of Montreal : Le frère et la femme de Kevin Barnes réalisent toujours les graphismes des univers barrés d’Of Montreal. Cette fois, on pouvait même choisir entre plusieurs artifices supplémentaires (un lampion chinois par exemple).

Noah and the Whale : coloriage d’enfant, c’est coloré, c’est charmant comme leur album

The Notwist : regardez, ouvrez et délectez-vous de ce livret.

Pop Levi : un Pop en kimono rouge rehaussé d’or sur un fond noir, ombre et lumière splendide.

The Spinto Band : collage et bricolage sur kraft, simple comme leur musique.


Bilan des courses : j’ai été certes trop généreuse l’année dernière dans mon Bilan 2007, cependant le cru 2008 des disques est quand même moins extraordinaire que les années précédentes… ce n’est pas le cas des concerts, qui eux restent au top et se multiplient tant qu’il devient difficile de tout suivre

Mes attentes 2009 (to be continued…)

  • Le retour aux sources hip-hop d’Oxmo Puccino et ses Jazzbastards
  • Tucumcari de Sammy Decoster
  • B, la suite de A par Turzi
  • Le premier album des Naive New Beaters (Cinq 7)
  • La reconnaissance et le triomphe mérité pour Arch Woodman