Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

Du culturel, de manière incontestablement partiale et grinçante.

THE LIMES – s/t octobre 26, 2009

Groupe transcontinental / Folk – Rock / Sauvage Records

Les limes, ce sont ces citrons verts mi-acides, mi-amers que l’on aime ajouter à beaucoup de plats asiatiques et sud-américains. C’est aussi le meilleur ami des cocktails à base de rhum qui se boivent comme du petit-lait. A ce titre, The Limes est un groupe qui porte très bien son nom. Démonstration.

1)   Un citron vert reste un citron. Sous une peau épaisse et rugueuse se cachent des grains fins et lisses. Lesquels renferment un liquide clair et acide. Les dix titres de The Limes sont autant de surprises : on s’attend à une pop-folk forcément déjà un peu entendue vu qu’on connaît (et apprécie) les autres groupes auxquels ces musiciens appartiennent (Toy Fight, Milk n’ Juice ou Mina Tindle par exemple), mais il n’en est rien. Pauline et sa voix cristalline transcendent Between Roof and Bird, Maxime donne tout son cachet à Left Hand Cycles, Brent Ballantyne (aka Henry Sparrow) kidnappe vos oreilles sur Morning Noon and Night ou Dead Furnitures… Chacun apporte son énergie, sa douceur et sa poésie au petit édifice et rend ce premier disque à première vue basique mais bien unique une fois dans la platine.

2)   Un citron vert est plus petit qu’un citron, mais beaucoup plus fort et aux arômes plein de subtilités. Pas de titre superflu parmi les dix balades oscillant entre pop fruitée, folk énergique et rock dansant ; du concentré de talent. City Lights démarre comme un morceau des  New Order et se poursuit comme un morceau des Toy Fight. Pas de longueur, pas de subtilités superflues, simplement des mélodies et instrumentations qui se complètent pour parfaire un morceau calme qui résume parfaitement ce qu’on peut éprouver dans un taxi en regardant les lumières danser dans une ville que l’on ne connaît pas (encore). Les deux titres suivant sont beaucoup plus énergiques, avant d’évoluer en folk.

3)   Un citron vert, c’est un basique de la cuisine, vous avez toujours dans le réfrigérateur, comme les tomates. Du coup, vous ne posez plus trop la question de savoir d’où viennent les citrons verts. Il doit en pousser à côté de chez tout le monde vu qu’on en trouve toujours. Alors quand vous vous penchez sur l’origine contrôlée de The Limes, vous découvrez qu’ils sont à la fois proches et éloignés de votre chez-vous. Composé à distance, les titres de cet album sont à la fois français et américains. Mais au final le résultat est le même : vous le gardez sous le coude car on en a toujours besoin. C’est leur première réussite, avoir travesti leurs origines et s’être rendus indispensables. Avoir rendu originale une musique intemporelle.

Résolument l’un des meilleurs albums de l’année dans sa catégorie, on écoute The Limes comme on se délecte d’un bon poulet à la thaï le soir, comme on boit jusqu’à la lie un Mojito frappé en profitant des derniers jours d’été indien, comme on danse sur nos albums pop favoris… Et l’on ne peut s’empêcher d’être fier et rassuré de voir une jeune relève française intelligente sachant s’affranchir des frontières pour notre bien (allez-y, essayez donc de lire cette phrase à haute voix !). Les super groupes existent en France, les groupes super aussi.

Note : 8,5/10

Pour les férus de lecture sur le même sujet, lisez Words and Sounds, Arbobo, Dans le Mur du Son ou Playtime

 

MARIE FLORE – More than thirty seconds if you please octobre 19, 2009

Chanteuse parisienne / Rock rétro – Pop minimaliste / Autoproduit

Rock en Seine 2009, je m’ennuie comme un rat mort devant des prestations scéniques toutes plus affligeantes les unes que les autres. Lorsque sans prévenir je croise quelqu’un qui a le bon goût de me glisser le mini-album de Marie-Flore entre les mains…

A la première écoute, on pense à une chanteuse venue du froid, une petite suédoise à l’orchestration minimaliste, épurée et mélancolique.  Cette voix légèrement fêlée rappelle étrangement  Cat Power (Trapdoor) mais l’on sent immédiatement que Marie-Flore ne copie pas, elle a simplement le même timbre, sa voix sort telle quelle, ainsi soit-il. Et contrairement à Chan Marshall, les titres de Marie-Flore s’ils sont parfois mélancoliques, ne sont jamais dépressifs ou déprimants, jamais de pathos. La créature est fragile d’apparence, d’apparence seulement. Les lignes de batterie ont l’efficacité et la simplicité des meilleurs Janis Joplin,  c’est entêtant comme les meilleures pop des seventies… Marie-Flore et son prénom désuet semblent tout droit sortis d’une autre époque. Les duos avec des voix masculines (dont je n’ai pas trouvé les interprètes) sont d’autant plus touchants qu’ils sont d’une sobriété déconcertante. Notamment Empty Walls qui ne comporte que trois accords de guitare et synthé pour magnifier les deux voix  qui viennent vous chatouiller le bas de l’épine dorsale. Vous avez le titre dans le crâne pendant trois jours, vous pourriez regarder la pluie tomber derrière les carreaux pendant des heures.

Et c’est avec délectation qu’on a la confirmation que cette jeune-fille frêle est bien française. Presque l’intégralité du disque est chantée en anglais mais l’on trouve quelques passages dans sa langue natale qui tombent justes, pas de fioritures, pas d’emphase… Simplement sa voix et quelques orchestrations qui habillent l’ensemble. Le dernier titre est probablement le plus complexe, Gregg Foreman ayant monté un groupe à Philadelphie autour de Marie-Flore : les Rare Birds. C’est sur ce titre splendide aux mélodies pop-rock dignes des plus grands que Marie-Flore consent à chanter timidement en français.

Alors oui, définitivement oui, on lui accorde bien plus que trente secondes d’attention. Nul doute que cette artiste va aller loin, on lui souhaite de gravir les échelons avec autant de modestie et d’assurance qu’elle en a aujourd’hui. Petit à petit l’oiseau fait son nid, Gregg Foreman a vu juste, Marie-Flore est un oiseau rare, qui n’a pas besoin de cage (ou de label) pour démontrer qu’elle est talentueuse et prochainement, on viendra la chercher pour participer à de belles et grandes épopées musicales.

Note : 8,5/10

N.B. 1 : Vous pouvez vous procurer son album via son Myspace, vous ne serez pas déçus !

N.B. 2 : Vous pouvez retrouver d’autres chroniques qui partagent mon avis chez Arbobo

N.B. 3 : Marie-Flore sur scène ? Mini-reportage !

 

MELANIE PAIN – My name octobre 2, 2009

Classé dans : Chroniques Musique — Violette Roll @ 12:03
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Artiste française / Pop / Cinq7

Il y a certains matins où, lorsqu’on est une fille, on est d’humeur plus légère et tout notre être désire de la musique frivole. Mélanie Pain répond parfaitement à cette requête corporelle exclusivement féminine. Et, un matin où j’avais quitté mes apriori sur « la musique que j’aime », je me suis surprise à aimer ce disque.

Résumons, My name est un premier album, dans lequel Mélanie Pain cherche son identité : professionnelle, musicale, sexuelle… Force est de constater qu’au sortir de l’adolescence et après ce court moment où les filles sont à la fois majeures, innocentes et sûres de leurs atours, toute femme passe par cette phase d’interrogation : Qui suis-je ? Où vais-je ? Pourquoi et comment ? Période délicate, douloureuse et faisant prendre un coup de vieux radical. C’est l’âge des essais, des one night stand et autres expériences plus ou moins dégradantes. Mélanie Pain synthétise toutes les réponses que toute fille rêve d’être capable d’avoir avec certains ratés le lendemain (Peut-être pas), certains sentiments une fois loin (Helsinki), certains rêves de gamine (L’espace d’un instant). Mélanie Pain parvient à livrer une pop qui ne vire jamais dans le trop sucré, même si l’on pourrait reprocher ses titres trop mélancoliques (Sans l’ombre de toi) qui sont de trop. Son interprétation simple et touchante de Little Cowboy ou la pertinence des paroles et du ton charmeur de Ignore-moi ou La Cigarette parviennent à briser les barrières de mon petit cœur d’ordinaire bien carapacé contre la cruauté affective ambiante.

Alors certes, ne comptez pas sur moi pour trouver que les chanteuses françaises sont subitement devenues très talentueuses, non, mais plusieurs morceaux de Mélanie Pain démontrent qu’elle se hisse sans problèmes en haut du panier. Est-ce par besoin de se rassurer ou parce que cela pourrait contribuer à lui faire vendre plus de disques, la demoiselle n’avait absolument pas besoin d’un featuring avec cet insipide Julien Doré qui ne peut s’empêcher de se donner de grands airs. Le duo avec l’autrement plus classieux Thomas Dybdahl est plus intéressant mais était dispensable. La seule collaboration qui aurait méritée d’être précisée est ce dernier titre travaillé avec Phoebe Killdeer (If You Knew). On regrette qu’elle n’ait pas collaborer sur l’album de Séverin, ça aurait probablement eu du chien.

« Suis-je une femme ou une fille qui essaie et qui échoue lamentablement » (Celle de mes vingt ans) est une question qui traverse tout cerveau féminin normalement constitué jusqu’à ses trente ans où la question de « l’horloge biologique qui tourne » prend le pas sur le reste. Que souhaiter d’autre à Mélanie Pain que de garder sa fraicheur et d’oser avoir confiance en elle pour un second disque sans fioritures masculines inutiles. Quoiqu’il en soit, elle remporte son pari, beaucoup connaissent son nom à présent.

Note : 7,5/10

 

THE BACHELOR – Patrick Wolf juillet 31, 2009

Classé dans : Chroniques Musique — Violette Roll @ 11:45
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Artiste britannique / pop mélo / Bloody Chamber Music

Quatrième album aussi hétéroclite et indigeste, The Bachelor de Patrick Wolf marque une évolution de l’artiste qui ne peut que promettre un The Conqueror (attendu pour 2010) plus prometteur. Chronique de leçon « peut mieux faire ».

Découvert pour ma part en 2007 avec son Magic Position et sa pochette… colorée dirons-nous, Patrick Wolf reste un artiste un peu particulier. Un bagage musical solide (piano, violon, chant), un background familial qui se veut larmoyant (sur sa bio on peut lire des phrases comme « P.W. quitte ses parents à seize ans. Désormais sans attaches […] il se produit dans la rue »), un goût pour les chansons brouillons et grandiloquentes ; il s’érige en quelque Mika souffreteux. En résumé, comme chez tout célibataire masculin, il y a à boire et à manger dans The Bachelor.

D’abord cette atroce manie de nous assaisonner tous ses titres avec de longues complaintes de violons un peu crispantes, voire irlando-gonflantes. Tout à fait à leur place dans  The Bachelor ou Thickets, elles sont lassantes sur Hard Times ou Damaris.

Ensuite cette fâcheuse habitude de tomber dans le mélo Disney, le summum de l’inaudible de l’album se situant probablement sur Who Will, où l’on se demande ce qu’on a fait pour mériter d’avoir les oreilles qui saignent à ce point. Moi qui aime pourtant le kitsch, là ça en devient vulgaire.

Enfin, on ne peut pas s’empêcher d’avoir envie de considérer ce type comme un pauvre petit garçon qui ne veut pas grandir, atteint du syndrome de Peter Pan ou adorant David Bowie sans parvenir à en faire quelque chose d’intéressant. Les vidéos de ses clips prouvent cependant que son imagination est capable de produire de belles idées. Et l’animal, même roux ou blond a quelque chose d’attachant et déterminé.

Je m’arrêterai là, en souhaitant au jeune homme bonne chance. Gageons qu’il perdra quelques mauvais tics pour savoir mettre en valeur ses qualités. Cependant, c’est déjà le troisième album… L’espoir fait vivre, heureusement.

Note : 4/10

 

LILLY WOOD AND THE PRICK – Lilly Who and the What ? EP juin 24, 2009

Duo parisien / pop – folk / Choke Industry

Chacun a encore en tête L.E.S. Artistes de Santigold et la reprise qu’en avait fait Lilly Wood and the Prick est probablement l’une des plus touchantes. Derrière ce patronyme au nom dans la mouvance des groupes anglo-saxons de pop – folk actuels (Tilly and the Wall, Noah and the Whale…) se cache un jeune couple parisien, Ben et Nili. Leur premier EP mérite d’être chroniqué pour des tas de raisons.

D’abord, un couple parisien qui fait de la pop – folk britannique intéressante, ça ne court pas tant que ça les pavés. On assiste, assez impuissants, à une uniformisation des jeunes groupes parisiens qui proposent tous de l’electro-rock plus ou moins réussi (dernière grande lamentable plantade : Revolver). De temps en temps, l’un s’échappe du lot (Toy Fight) et dans ces cas-là, mieux vaut l’attraper au passage sinon il fiche le camps en province ou de l’autre côté de la Manche, voire de l’Atlantique (et il a bien raison).

Ensuite, sur les cinq titres de leur EP, Lilly Wood and the Prick propose quatre morceaux vraiment intéressants. Si Down the Drain est une pop-rock très conventionnelle, dès Water Ran, on sent que ces deux-là ont un quelque chose qui ne laisse pas indifférent. Cette belle voix veloutée de Nili dont on ne se lasse pas en premier lieu. On nous annoncerait que Cat Power interprète This is a Love Song que cela nous étonnerait à peine, on se dirait que sa dépression est terminée et on serait content. La batterie n’est encore toujours au top, la guitare reste sur des lignes très simples, mais le tout est très agréable, notamment grâce au piano. La ballade de Little Johnny qui clôt ce cours opus est idéale à emporter en vacances. Légère brise, robe au vent, à cheval ou en Vespa, on regarde Lilly Wood and the Prick aller se promener mais on attend leur retour de pied ferme… Un coup de coeur pour la pochette également.

Note : 7,5/10

 

RICHARD SWIFT – The Atlantic Ocean mai 13, 2009

Classé dans : Chroniques Musique — Violette Roll @ 4:58
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Chanteur américain / Pop-rock / Secretly Canadian

Après avoir sorti deux albums en 2008, l’inépuisable Richard Swift remet ça avec un quatrième opus résolument pop. Piano déglingué, partitions boogie, synthés dégingandés, rythmique ultra classique mais résolument entraînante, clap-clap, voix franche… Tout y est, pas question de faire le boulot à moitié.

L’opus ouvre sur le titre qui donne son nom à l’album, « grosse ficelle » avant le grand dévoilement du talent de Swift qui a su s’entourer de personnes compétentes (comme Mark Ronson ou Sean Lennon). Les 11 titres oscillent entre des mélodies pop acidulée séduisantes (The Original Thought, Hallelujah Goodnight, A song for Milton Feher) et morceaux beaucoup plus sombres (R.I.P., The End of an Age, Already Gone). En effet, cette trilogie poignante permet d‘ériger cet opus non pas au simple rang de bon album de pop, mais bien dans la catégorie des douceurs teintées d’amertume qui vous retourne un peu, qui vous bouscule sans jamais tomber dans le mélo, fissure ouverte en chacun de nous….

Une fois de plus, Swift balaye les idées reçues en démontrant qu’on peut produire plusieurs très bons disques par an. Une chose est certaine, on a hâte qu’il traverse l’océan atlantique pour venir démontrer tout le talent dont il est capable* !

Note : 8,5/10

* Richard Swift jouera le14 mai @ Point FMR

 

DIVING WITH ANDY – Sugar Sugar mai 8, 2009

Trio français / folk – pop / Universal

Il y a trois ans, je plongeais avec délectation dans l’univers chic et raffiné de Diving with Andy et leur premier album éponyme. Je n’avais pas prévu de second disque, persuadée que l’idylle n’était qu’une passade dans l’air du temps, un album concept qui devait s’arrêter là avant de porter chacun des membres vers d’autres projets. J’avais tort donc, mais ce second opus est-il vraiment à la hauteur du talent qu’on avait accordé au trio angevin en 2006 ?

On ne change pas une recette qui fonctionne ? Des arrangements travaillés, des textes léchés, une orchestration classique mais classy… le nouvel opus de DWA est indéniablement très agréable à l’oreille. Le velours de Juliette Paquereau produit toujours son petit effet frissonnant et reposant après une journée harassante parisienne type. Malheureusement cela ne suffit pas, comme son nom l’indique cet opus est un peu trop calorique, comme un gâteau industriel.

Ce groupe, auparavant signé sous les auspices bienveillantes d’aînés du renouveau de la chanson française (l’éphémère label Dièse, sous la direction de Benjamin Biolay ou Kerenn Ann) se retrouve maintenant dans le catalogue fourre-tout d’Universal. Et en effet, la pertinence de ce second disque reste à démontrer, seuls des titres comme Kate Weal… et Anna May réussissent à renouveler le style très linéaire du trio qui ne s’éloigne pas assez de ses rituels violon-voix ou piano-voix. Sans compter l’aspect légèrement crispant des clips qui pompent tout aux aînés comme Cat Power : copier n’est pas resssembler…

C’est donc avec une légère amertume que je n’attends pas de troisième album de DWA. Il y a trois ans, je leur souhaitait bon vent du côté arrière scène, je renouvelle mes vœux. Julien Perraudeau et Rémy Galichet sont capables de rivaliser avec les meilleurs ingénieurs du son ou arrangeurs et il paraît maintenant pertinent qu’ils laissent d’autres projets prendre le pas sur ces plongeons avec Andy qui n’ont plus leur fraicheur d’il y a trois ans et sont trop sucrés pour qu’on ne fasse pas d’indigestion.

Un album qui égaiera malgré tout sans peine ce printemps capricieux.

Note : 6,5/10

 

THE NOISETTES @ La Boule Noire avril 29, 2009

Pop / Groupe anglais / 23/04/2009

La grosse machinerie anglaise attendue au virage… D’un trio prometteur qui savait se démarquer de la pop abrutissante venue d’Angleterre, on sentait que le vent avait tourné dans le second opus des Noisettes (cf. chronique du disque). Des attentes en partie satisfaites.

A la tête des Noisettes il y a une sirène noire, Shingai Shoniwa, belle plante branchée sur 2000 volts. Sans elle ce groupe ne serait rien, le problème c’est qu’elle le sait un peu trop. Elle délaisse son instrument pour ne se consacrer qu’au chant, aux chorégraphies minutées et à la gesticulation pseudo-naturelle. La Dame ira même s’accrocher aux rampes de spots… Un peu mégalo, elle aime se faire prier par ses choristes, siffler, fendre la foule, jouer de tous ses charmes. Un spectacle minuté ne laissant pas une seule opportunité à l’improvisation et la spontanéité. Si j’avais rédigé cette chronique à chaud, dix minutes après le show, mes conclusions seraient quelque peu différentes car Shingai Shoniwa reste vraiment envoûtante.

 

La setliste chronométrée du soir, pas une minute de plus...

La setliste chronométrée du soir, pas une minute de plus...

Pourtant, The Noisettes risque définitivement d’avoir perdu sa place parmi les bons groupes de pop. Il n’y a qu’à jeter un œil à la setliste pour se rendre compte que les titres du premier album sont bien meilleurs. Ce second opus est mou et toutes les gesticulations du monde n’en rendront pas les rythmes plus dynamiques…

 

Note : 7/10

 

 

 

 

 

 

 

Un mot sur la première partie :

THE RODEO vaut le coup d’œil et d’oreille. Jeune dame du sud des USA, sa voix chaude et rocailleuse rappelle My Brightest Diamond ou Phoebe Kildeer (dont elle a d’ailleurs assuré les premières parties). Ses ballades folk sont simples et amusantes. Son air mutin révèle son amour de la scène. La présence de Jean Thévenin, batteur de trop nombreux groupes parisiens (à commencer par Toy Fight et Tahiti Boy), ajoute une touche foutraque à l’univers de The Rodeo. Une première partie trop courte pour permettre d’apprécier pleinement ses capacités, à suivre !

Crédits photos : Michaurel

 

AU REVOIR SIMONE – Still Night, Still Light avril 8, 2009

Classé dans : Chroniques Musique — Violette Roll @ 3:42
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Trio américain / Pop Aérienne / Moshi Moshi – Cooperative Music

 

Deux ans après The Bird of Music, les Au Revoir Simone remettent ça avec un album printanier toujours aussi léger…

Ce nouvel album a un titre de plus que le précédent mais est moins long… arf. Ça commence moyen c’histoire… A priori, il ne faut pas s’attendre à un grand renouvellement de la part des trois Miss de Brooklyn, d’ailleurs la couleur est annoncée dès le début, il ne s’agit que d’une Another likely story. On retrouve donc les claviers, les voix claires en chœur, la boite à rythmes… et leurs thèmes favoris reviennent également : la perte amoureuse, le questionnement, l’inquiétude, la solitude…

Mais si on pouvait se montrer sceptiques à l’idée de se faire à nouveau envahir par la vague électro aérienne américaine copiée-collée de nos frenchies Air (dont elles avaient d’ailleurs assuré les premières parties), on ne peut finalement que succomber une fois de plus et se laisser embarquer dans les épopées éthérées d’Au Revoir Simone. Knight of Wands révèle vos rêves les plus enfouis de Magicien d’Oz, Take Me As I Am est ce vous aimeriez dire en cas de scène de ménage et Organized Scenary vous plonge dans un délicieux sommeil lorsque vous peinez à le trouver.

Douze titres qui fleurent bon le soleil, les arbres bourgeonnants et les robes légères en coton s’agitant dans la brise matinale, délicatement parfumées de senteurs boisées. A écouter à la tombée de la nuit, appuyé à la balustrade de la fenêtre de votre chambre. Fermez les yeux et, oui, vous sentirez la morsure des températures qui déclinent légèrement après une belle journée… Still Light, Still Night.

Note : 8/10

 

TOY FIGHT – Peplum avril 3, 2009

Groupe parisien / Pop-rock / Cityslang

Trois ans qu’on attendait la suite des aventures d’un groupe parisien qui mérite d’être connu et reconnu… Sébastien Broca, David Simonetta et Maxime Chamoux passent avec brio le périlleux exercice du second opus.

Sortir un bon premier album lorsqu’on est un groupe de rock-pop parisien, ce n’est pas gagné. Il faut éviter le piège des baby-rockers (Second Sex, BB Brunes …ou pire, les Naast) et des groupes bankable dénaturés (The Do). Mais également se démarquer des proches ainés talentueux (Syd Matters). Autoproduit, le premier opus de Toy Fight (Anagram Dances) avait ravi nos oreilles en 2006, restait alors l’épreuve la plus difficile : le retour de bâton de la critique lors du second album labellisé. Après avoir longtemps hésité à tout plaquer, le groupe livre finalement seize titres qui vous embarquent dans une aventure musicale, entrecoupée de trois teasers d’une demi-minute (David Simonetta présente, Maxime Chamoux présente et Sébastien Broca présente).

Dans un bon Peplum, il y a d’abord des costumes. La pop de Toy Fight s’est parée de tous les atours nécessaires pour livrer bataille à la médiocrité : voix, guitares, mandoline, banjo, glockenspiel, piano, farfisa, claviers, mélodica… Et puis, pour mieux se battre, notre trio a recruté trois nouvelles têtes pour leur prêter main forte : Bertrand Faure-Brac (bassiste ingénieux), Jean « Jaune » Thévenin (batteur humble), et Pauline De Lassus (voix féminine bienvenue).

Après évidemment, il faut des grands discours de valeureux guerriers, toujours un peu mystérieux et très poétiques. Le respect des aînés d’abord, la britpop, le Velvet Underground, la vague scandinave sont des influences qui sont respectées sans être plagiées ou dénaturées. Les paroles aussi, encore une fois notre groupe parisien s’en sort très bien : lorsqu’on chante dans une autre langue que son langage maternel, on ne conceptualise pas exactement les idées comme un natif le ferait. Cela donne lieu à des paroles fantastiques et surprenantes (Les Indes Noires) et terriblement craquantes (Golden Make Up).

Enfin, dans tout Peplum se dissimule toujours une histoire d’amour. La déclaration de Toy Fight va droit au cœur, ils aiment trop la musique pour la quitter. Dépêchez-vous donc de les accueillir comme il se doit, le paysage musical de notre vieille capitale en a bien besoin.

Toy Fight était un trio autoproduit, trois ans après c’est un beau groupe signé chez Cityslang. Bis repetita placent, ce second opus est leur victoire.

Note : 8,5/10

Retrouvez aussi : l’interview et la chronique du concert