Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

Du culturel, de manière incontestablement partiale et grinçante.

THE VERY BEST – Warm Heart Of Africa juillet 14, 2009

Collaboration GB-Paris-Malawi / Electro – Indie World / Moshi Moshi – Cooperative Music

L’élection d’Obama a provoqué dans le monde musical un grand retour de l’Afrobeat. En veux-tu en voilà, on nous en glisse partout, notamment dans l’indie de Brooklyn (Vampire Weekend, Animal Collective, Mgmt…). Il faut assurément un soupçon de culot pour intituler son groupe Les meilleurs, mais il faut également beaucoup de courage pour être à la hauteur de son titre et risquer d’être la risée du monde musical et de griller de futures cartouches. Derrière ce titre pompeux se cachent Johan et Etienne aka Radioclit, qui se sont alloués les bons services de Esau Mwamawaya, artiste du Malawi. Si vous avez été bercés par Johnny Cleg dans votre enfance, vous risquez d’apprécier.

Bienvenue dans ce qui ressemble à l’Afrique du Roi Lion à la première écoute : de beaux animaux sauvages, des paysages dépouillés, de gentils autochtones. Comme on ne comprend pas les paroles (en Malawi), on a tout le loisir de se concentrer sur le reste et on est très loin d’une bande-son cul-cul la praline.

Nsokoto opère un décrochement dans l’album, si l’on garde des sonorités et instruments évoquant le continent oublié (Bâtons de pluie, claves, djembés…), les boucles d’électro se font de plus en plus présentes. Parfois de manière ultra-kitsch comme sur Angonde où l’on s’attend à voir une girafe en caoutchouc traverser le salon.

Atout supplémentaire dans ce jeu de cartes hype, les featuring d’amis réputés. J’ai nommé les deux seuls titres en anglais de l’album. Warm Heart Of Africa pourrait être un titre de Vampire Weekend de part les rythmes du morceaux mais surtout la présence d’Ezra Koenig et sa voix d’Afro-américain blanc. De même, la douce M.I.A. ensorcèle la danse de la pluie, l’air en est plus moite ensuite (Rain Dance). Le clin d’œil à Architecture In Helsinki dans Kamphopo enfin achève de rendre l’opus extrêmement bankable.

Des rythmes qui respirent l’hémisphère Sud, des voix chaudes façonnées à l’ombre de canicules étouffantes – qu’elles soient d’Afrique, d’Inde, du métro londonien ou new-yorkais ; lorsqu’on a un été pluvieux, rien de tel pour égayer la maison. Le tout est diablement bien fichu, dansant et très réussi, l’Indie World existe et à un avenir.

Note : 8/10

Sortie le 21 septembre

 

SLUMDOG MILLIONNAIRE – Danny Boyle janvier 15, 2009

Film anglo-indien / tragi-comédie / 2009

Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario et Meilleure musique originale… Je ne prête d’ordinaire pas attention aux prix cinématographiques mais cette fois, ces quatre récompenses aux Golden Globes m’ont fait réviser le jugement hâtif que j’avais de Slumdog Millionnaire : la bande annonce et l’affiche font penser à une success-story sans intérêt, ce film est bien plus que cela, c’est une synthèse inédite de deux grandes traditions cinématographiques.

D’un côté le cinéma occidental avec Danny Boyle, ses plans réfléchis et sombres, ses scénarios évoluant dans des mondes illégaux (meurtres, drogues…), sa vision au vitriol d’une société corrompue et décadente… De l’autre, la tradition du chant et de la danse pour habiller des scénarios Harlequin (Deux jeunes s’aiment, mais l’un ou l’autre et promis à quelqu’un d’autre, ils se déchirent et se morfondent pendant des heures avant que tout finisse pour le mieux dans le meilleur des mondes), des films fleuves (3h30 en moyenne), des plans colorés et réalisés rapidement.

Slumdog Millionnaire réussit la synthèse difficile d’intégrer toutes ces caractéristiques. Cela donne un film au scénario à première vue très pauvre, mais qui retrace finalement les 20 dernières années de la vie trépidante de Mumbaï (ex Bombay) à travers les souvenirs d’un jeune homme issu des bas-fonds de la ville et en passe de gagner 20 millions de roupies (ce qui équivaut à 300 000 euros). Ca a l’énergie et la joie des films indiens, tout en retraçant des événements violents, mafieux et tragiques. La durée du film, 2h, est un compromis parfait : ni trop, ni trop peu, on ne s’ennuie pas une seconde pendant une scène romantique, on ne se lasse pas des échanges de coups de feu … Les liaisons introduisant chaque souvenir de l’orphelin Jamal Malik sont habiles. La scène finale de danse en couple et en tableau, à 15 ans d’intervalle est la touche Bollywood qu’il eût été dommage d’oublier. Le choix judicieux de confier la bande-son à des musiciens ayant eux-mêmes impulsé cette volonté de synthèse culturelle, notamment la belle et talentueuse M.I.A., parachève l’œuvre.

Ce qui est fascinant c’est que rien ne semble laissé au hasard alors que tout le film l’est. Mumbaï vit d’elle-même, le scénario se construit et s’étoffe seul, sans aide. L’alternance des plans plus ou moins larges rend compte de cette gigantesque fourmilière en perpétuelle évolution. L’intelligence de Danny Boyle a été de laisser les locaux s’emparer du film : seuls 10 occidentaux auront travaillé à ce projet. Les acteurs ne sont pas parfaits mais simplement égaux à eux-mêmes.

2009 commence avec un coup de cœur, un film qui reconnaît et ouvre les bras à l’Inde comme grande puissance artistique de ce monde. Ces quatre Golden Globes sont plus que mérités.

Note : 9/10

 

BILAN MUSICAL 2007 janvier 15, 2008

Bon allez, j’ai mis un peu de temps à me motiver pour le rédiger, 
mais voici mon bilan musical pour 2007.
Au menu : meilleurs albums, jolies pochettes et chouettes concerts… 
Cela n’engage que moi bien entendu et puis je n’ai pas tout écouté, 
tout vu, tout lu… Il y a des différences de niveau et de maîtrise, 
pas d’ingéniosité.
Ce sont donc les albums que j’emporterai de 2007 si j’avais à m’exiler
sur une île déserte. Ils sont à peu près classés par ordre de 
préférence…
Parlant de classement, le plus chouette apport des années 2000 reste 
l’éclatement de ces classifications rigides et contraignantes : 
le mélange est à l’honneur, pour le bonheur des zoreilles. J’ai donc 
classé comme bon me semblait :-) .



I. ALBUMS



20 Pop, rock, et assimilés : Bon, c’est mon domaine de prédilection 
alors forcément il y en a plus qu’ailleurs… l’année a commencé 
très fort, elle n’a pas aussi bien terminé. En choisir seulement 20 
m’a demandé des efforts de concentration, j’en ai réécouté quelques-uns pour les départager…


  • !!!Myth takes
(tout le monde les attendait au tournant, le virage est réussi !)

  • Of MontrealHissing Fauna, are you the Destroyer ?
(perle du borderline psyché depuis 10 ans, lorsque la dépression 
nerveuse sentimentale devient un jeu …)

  • KlaxonsMyths of the near future
(un album, un style, un coup de jeune !)

  • RatatatClassics
(oui il y a d’excellentes choses provenant d’Amérique… 
Brooklyn évidemment)
  • Ez3kielthe Naphtaline Songs
(l’avenir du cd est compromis ? Pas sûr… achetez l’album, 
vous comprendrez de quoi je parle…)

  • The NationalBoxer
(offert par ma grand-mère :-) , album de bien meilleure qualité 
que n’importe quel sous-vêtement…)

  • Los ChicrosSour sick soul
(Les mecs Too cool for school sont toujours aussi bons…sur bande 
uniquement)

  • La Maison TellierSecond Souffle
(oui oui oui j’aime ces cowboys français, non non non ça ne fiche 
pas le cafard ! De très belles interventions de The Elektrocution 
et Lippie)

  • M.I.AKala
(mélange explosif venu de la Grande-Bretagne indienne)

  • Menomena – Friend and foe
  • Acoustic LadylandSkinny Grin
(bon oui c’est 2006 normalement, mais je les avais loupés, ils 
méritent mieux que ce qu’on leur offre actuellement…)

  • Band of HorsesCease to begin

  • Battles - Mirored
(oui le post-rock a sa place dans ce classement)

  • Fiery FurnacesWidow city
(pari réussi pour le frère et la soeur… New York touch)

  • The NoisettesWhat’s the time Mr Wolf
(la voix et l’énergie…)

  • VoxtrotVoxtrot
  • Hey Gravity Risen
(lorsqu’on a pas de Yeah Yeah Yeahs sous la main…)

  • CaribouAndorra
(vive les maths)
  • FeistThe_reminder
  • TunngGood Arrows
(spéciale dédicace maman :-) )


 

5 Electro : non ça ne fait pas beaucoup, oui j’ai peut-être été 
un peu radicale…



  • TurziA 
(Record makers a toujours des bijoux…)

  • ApparatWalls
  • Simian Mobile DiscoAttack decay sustain release
(they really deserve it)

  • DigitalismIdealism
  • Justice – †
(j’ai hésité pour celui là, mais après tout…)



Mais aussi (funk, hip-hop, rap, world…): 6 supplémentaires pour 
le plaisir.


  • Chin Chin Chin Chin

  • Cinematic OrchestraMa fleur

  • Mark RonsonVersion

  • Wax TailorHope and Sorrow

  • Amy WinehouseBack to black

  • Tumi and the Volume -
Tumi and the Volume 

 

II. POCHETTES



5 Mention spéciale pochettes d’albums : un album à la belle pochette 
ne peut pas être complètemement mauvais…


  • Cinematic OrchestraMa fleur

  • Chin ChinChin Chin
  • Of MontrealHissing Fauna, are you the destroyer ?

  • So So Modern Friendly Fires

  • TurziA


 

II. CONCERTS

Toute ma reconnaissance, mon estime et ma gratitude vont aux employés 
des salles, des labels, des managers et des tourneurs qui me permettent 
d’entrer souvent gratuitement.
Un concert dépend de trop de conditions pour qu’on puisse le juger 
impartialement. C’est une opération à double tranchant pour les groupes 
qui doivent composer avec nombre d’aléas personnels, mais aussi indépendants
 d’eux-mêmes (techniques, sanitaires, climatiques, psychologiques…). 
On perd rarement le goût de l’album si la prestation scénique est mauvaise, 
on peut en revanche facilement être surpris par la qualité d’un spectacle 
et avoir envie de réécouter l’album…



  • Sammy Decoster @ EMB – Sannois, janvier 2007
Sammy Decoster ça a d’abord un visage d’angelot sur du papier glacé, 
ça a ensuite été une très belle surprise sur scène. Touchant par sa spontanéité 
et sa qualité, petit homme fébrile accroché à sa guitare. 
Ca a surtout été la découverte d’une des plus belles salles d’Ile de France, 
tant par la qualité de sa programmation que par l’accoustique proposée 
ou la gentillesse de ses habitués. 
Non, toute la musique n’est pas à Paris… 
à 20 minutes de transilien, il y a bien mieux.


  • Guillemots @ La Maroquinerie, février 2007
Après les avoir vu 3 fois en 2006, je plonge à nouveau avec délice dans les 
volutes sonores du plus cosmopolites des groupes de pop. 
Avec Antoine et Déborah, notre trio infernal est au complet, le délire peut 
commencer.
Et quelle joie de voir apparaître un Fyfe Dangerfield sapé en damiers assortis à 
son clavier, interprêtant ses dernières créations avec un tournant résolument
électro-rock…


  • Acoustic Ladyland @ Nouveau Casino février 2007
Salle un peu vide, personne n’est venu voir ces anglais, qui interprêtent 
un jazz-punk épuré et impeccable. Première véritable discussion avec Benoît, 
un Maume génial sous bien des coutures…


  • The Do @ La Maroquinerie, avril 2007 
Ah Ah, alors pour une fois, je venais pour la première partie de trois groupe. 
Retrouvailles avec un autre fan de la première heure, Skalap, 
et dès le premier titre, nous sommes certains de ne pas nous être trompés. 
Ce sera LE groupe de 2007. La suite m’a prouvé que oui, et j’ai été les écouter 
à cinq reprises avec toujours autant de plaisir : casseroles, guitares, bruitages 
divers, et une voix qui vous laisse muet… 
Le même soir la tête d’affiche était Pop Levi, reconverti de l’electro, 
maquillage noir, vêtement psychés impression vitrail… Un show réussi mais 
finalement presque conventionnel à côté de Dan, Olivia et Jérémie…
  • !!! @ Bataclan, avril 2007
Bataclan, 800 personnes, la jauge limite pour réussir à apprécier le spectacle. 
Nous sommes venus, nous les avons vus, ils nous ont vaincu…
Alchimie parfaite, sur scène et dans la salle. Même Antoine se met à danser :-) .


  • Terry Poison @ Paris Paris, mai 2007
Jamais je n’ai vu des minettes plus droguées qu’elles, capables d’assurer leur 
spectacle sans faux pas. Elles commencent vers 2h (deux heures de retard), 
euphorie générale, les coincés du PP se laissent aller…


  • Architecture In Helsinki @ La Flèche d’Or, mai 2007
Une file d’attente de plus de 30 mètres pour un des premiers concerts parrainé 
par Motorola (les télécoms, avenir de la subvention culturelle ?), 
alors que presque personne ne sait qui ils sont. Recroquevillée et pressée 
comme une sardine, j’écoute et me délecte. Comme en boîte (de conserve), 
la foule oscille lentement pendant plus d’une heure en regardant, médusée, 
la troupe australienne déjantée se jouer de ses nombreux instruments.


  • Art Brut @ Maison de RadioFrance, juin 2007
Comment oublier ce concert en petit comité, à l’occasion de la sortie du second 
et tout aussi bien réussi album de ces anglais complètement allumés ?
Comment oublier ce chanteur en vieux jacquard rouge Lacoste et chaussettes 
sur la moquette ?
Comment ne pas aimer avoir une anti rock-star à genoux devant soi ?
J’étais avec Déborah, qui exultait autant que moi, je soutenais mon mémoire 
le lendemain…


  • Chin Chin @ La Maroquinerie, octobre 2007
A force de les rater, j’ai fini par les attraper. Impeccables sur toute la ligne, 
un spectacle magnifique d’une heure et demi, ambiance survoltée, chaises musicales, 
hystérie pour du funk… ça fait un bien fou !


  • So So Modern @ BBMIX (Boulogne-Billancourt), octobre 2007 
Attention tornade ! Ils viennent de Nouvelle-Zélande, sont habillés en pandas, 
dansent divinement bien, et réussissent le pari de faire lever et danser un public 
engoncé dans des fauteuils de conservatoire. A suivre…


  • La Maison Tellier @ Le Zêbre de Belleville, novembre 2007
Lorqu’on plonge dans l’univers de 5 normands, plus que touchants, on en oublie que 
le temps passe… vite. Presque deux heures de show, de la folk mélancolique et épurée 
aux reprises rock. Ils font honneur à leur nom. After au Wepler après une épopée 
rocambolesque dans le gros camion blanc…


  • Metronomy @ Transmusicales (Rennes), décembre 2007
Lorsqu’on vient écouter Simian Mobile Disco et Dan Deacon, on découvre plus original… 
Metronomy s’active sur scène avec une rigueur implacable, actionnant leurs petits coeurs 
roses… heartbreakers !




 

Nouveaux albums attendus et/ou reconnaissances pour 2008


  • Rien (Radio Campus !!!!!!)

  • The Do (on peut déjà l’inscrire au Best of 2008)
  • Sébastien Tellier (tiens tiens encore Record Makers…)
  • Metronomy
  • Foreign Beggars

  • Jamie Liddle

  • Hindi Zahra (she really deserves it)

  • Apple Jelly

  • Fortune (oui Abstrakt Keal Agram c’est terminé, un meilleur accueil pour 
Fortune svp, on se concentre et on écoute sans à-priori, merci !)

  • Adam Kesher

  • Pokett