Collaboration GB-Paris-Malawi / Electro – Indie World / Moshi Moshi – Cooperative Music
L’élection d’Obama a provoqué dans le monde musical un grand retour de l’Afrobeat. En veux-tu en voilà, on nous en glisse partout, notamment dans l’indie de Brooklyn (Vampire Weekend, Animal Collective, Mgmt…). Il faut assurément un soupçon de culot pour intituler son groupe Les meilleurs, mais il faut également beaucoup de courage pour être à la hauteur de son titre et risquer d’être la risée du monde musical et de griller de futures cartouches. Derrière ce titre pompeux se cachent Johan et Etienne aka Radioclit, qui se sont alloués les bons services de Esau Mwamawaya, artiste du Malawi. Si vous avez été bercés par Johnny Cleg dans votre enfance, vous risquez d’apprécier.
Bienvenue dans ce qui ressemble à l’Afrique du Roi Lion à la première écoute : de beaux animaux sauvages, des paysages dépouillés, de gentils autochtones. Comme on ne comprend pas les paroles (en Malawi), on a tout le loisir de se concentrer sur le reste et on est très loin d’une bande-son cul-cul la praline.
Nsokoto opère un décrochement dans l’album, si l’on garde des sonorités et instruments évoquant le continent oublié (Bâtons de pluie, claves, djembés…), les boucles d’électro se font de plus en plus présentes. Parfois de manière ultra-kitsch comme sur Angonde où l’on s’attend à voir une girafe en caoutchouc traverser le salon.
Atout supplémentaire dans ce jeu de cartes hype, les featuring d’amis réputés. J’ai nommé les deux seuls titres en anglais de l’album. Warm Heart Of Africa pourrait être un titre de Vampire Weekend de part les rythmes du morceaux mais surtout la présence d’Ezra Koenig et sa voix d’Afro-américain blanc. De même, la douce M.I.A. ensorcèle la danse de la pluie, l’air en est plus moite ensuite (Rain Dance). Le clin d’œil à Architecture In Helsinki dans Kamphopo enfin achève de rendre l’opus extrêmement bankable.
Des rythmes qui respirent l’hémisphère Sud, des voix chaudes façonnées à l’ombre de canicules étouffantes – qu’elles soient d’Afrique, d’Inde, du métro londonien ou new-yorkais ; lorsqu’on a un été pluvieux, rien de tel pour égayer la maison. Le tout est diablement bien fichu, dansant et très réussi, l’Indie World existe et à un avenir.
Note : 8/10
Sortie le 21 septembre

> ” L’élection d’Obama a provoqué dans le monde musical un grand retour de l’Afrobeat.”
C’est osé…
> “C’est osé”
?
Tu m’envoies une pique ou tu le penses
Je trouve que la corrélation montée en flèche des influences afro et élection d’un afro-américain est assez intéressante… mais peut-être est-ce l’inverse, puisqu’il a été élu, on se met à faire de la musique “noire”
Hier chez la délicieuse enfant dont je m’occupe j’ai trouvé “My first Presidential book”, un bouquin pour les enfant de 3-5 ans avec toute la vie du nouveau président (le prénom de sa femme, ses filles, ses chaussettes préférées, sa musique favorite…)
Non, non, c’est pas une pique, c’est juste que, sociologiquement, je trouve osé de voir un lien de causalité, direct ou indirect, conscient ou inconscient, entre ces 2 faits… Je serais d’accord pour dire que l’élection d’Obama a ouvert les yeux de Texans reculés… mais pas sur le fait ça ait ouvert les oreilles de l’ “indie de Brooklyn”.
Après, chronologiquement, Vampire Weekend et MGMT ont du commencé à buzzer en 2007, et Animal collective fait des disques depuis un bon moment. Il m’a semblé lire des trucs sur the Very Best fin 2008.
Ma théorie est : Animal Collective intègre dans sa musique des éléments world / tribaux en général, africain en particulier. Ca marche. De là, suit ce qui se passe dès qu’un son un peu nouveau fonctionne. Le groupe fait des petits quelques temps après ET les labels sont plus enclins à signer ce genre de sonorités.
Je n’ai pas écouté ce disque… Mais dans les autres groupes cités (on pourrait ajouter yeasayer, health…) , il me semble que c’est de l’ordre de l’influence digérée. Et donc ce qui peut sembler être une tendance lourde pour qui écoute principalement de l’indie pop / rock / folk, le paraîtra beaucoup moins lorsque tu auras présenté MGMT ou Vampire Weekend comme étant de la “musique noire” à une personne branchée musiques du monde.
J’ai du mal avec le terme “indie world”…
La world, ok, mais indie ça veut dire “produits par des labels indépendants” il me semble, or des labels indé qui produisent de la world music il en existe depuis un moment (Crammed Music ou Cherry on top par exemple).