Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

Du culturel, de manière incontestablement partiale et grinçante.

BANCS PUBLICS (VERSAILLES RIVE DROITE) – Bruno Podalydès juillet 14, 2009

Film français / « comédie humaine » / 2009

Une vingtaine de bandes annonces, des affiches envahissant tous les espaces publicitaires possibles, c’est rarement bon signe. Et ce n’est pas Bancs Publics qui dérogera à cette règle. Un film décevant qui avait pourtant tout pour plaire.

Filmé de la même façon que Musée Haut Musée Bas (J-M Ribes), reposant sur le même principe consistant à balancer 30 têtes d’affiches, racontant des bout d’histoires de tous les jours auxquelles on assiste dans un bureau, un square ou un magasin de bricolage, le concept avait tout pour plaire venant d’un Podalydès.

N’y allons pas par quatre chemin, le premier tiers du film sur la vie d’entreprise au bureau est abrutissant de banalité et tombe très à plat. J. Balasko et P. Arditi sont définitivement descendus dans mon estime, ayant cédé à la facilité de s’enfermer dans un seul (mauvais) rôle comme en est capable J-P Bacri. Si vous avez vu Clientes et Le Hérisson alors vous avez déjà vu les scènes de Balasko dans Bancs Publics. Elle a même réussi à nous refourguer son mari indien (pour la touche ethnique où tous ceux qui ne sont pas blancs de peau sont au bas de l ‘échelle sociale).

Le second tiers du film dans le square a quelques belles trouvailles sans que cela réussisse à aller au-delà du gentillet. Si vous voulez voir vos acteurs fétiches se ridiculiser (Elbaz, Bourdon, Amalric, Semoun…) alors ce film est parfait.

La dernière partie du film se passant dans un magasin de bricolage est la plus intéressante mais n’est malheureusement pas plus convaincante. Rappelant la poétique de Jacques Tati par l’univers décalé de ce Brico Dream où la Brico Team porte des blouses de travail ornée de nuages et se dope au revitalisant pour poisson d’aquarium, les requêtes de chacun des clients se transforment en aventure rocambolesque : une petite vitrine en bois a besoin d’un massage cardiaque, la secrétaire du bureau d’en face a du mal à payer les piles géantes spécialement conçues pour la Grossexpresso…

Le véritable problème du film vient d’un manque de cohérence flagrant. Le manque de liens dans l’enchaînement des saynètes plus ou moins intéressantes provoque un désintérêt complet du spectateur doublé d’un effet lénifiant. Le film s’ouvre sur la chanson de Brassens faisant écho au titre du film, Bancs Publics, interprétée par Ridan dans une rame de métro parisien. Selon moi, il aurait été mille fois plus pertinent de remplacer cette scène (et le titre du film) par Fuzati et son Signe du V :

« Pour savoir à quoi ressemble une ville de province dans les années 60, il n’y a pas besoin d’inventer de machine à remonter dans le passé. En partant de Paris il suffit de prendre le bon RER C. Je suis inquiet, toutes les rues d’ici semblent avoir une maladie. Je ne suis pas docteur ès ville mais je crois bien que c’est l’ennui. »

Note : 3/10

 

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