Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

Du culturel, de manière incontestablement partiale et grinçante.

TURZI @ Nouveau Casino juillet 8, 2009

Classé dans : Chroniques Concerts — Violette Roll @ 12:50
Tags: , , , , ,

Artiste français / Electro Krautrock / 06/07/09

Turzi ou l'homme qui porte avec classe un tee-shirt souvenir de Paris et la Tour Eiffel

Lorsqu’on évoque l’univers du jeune Turzi, on pense à son premier album très abouti, A, mais aussi à ses collaborations avec Etienne Jaumet, mélange de krautrock, jazz et électro mystique. Turzi présentait ce soir là au Nouveau Casino et pour la seconde fois au public (après le 23 mai au Point Ephémère) son nouvel album attendu pour l’automne, B. Château Marmont et GRS Club (que je n’ai pas vu) se chargeaient de nous faire patienter avant l’arrivée de l’homme qui porte le mieux des tee-shirt ringards.

Que dire de Château Marmont si ce n’est que leur prestation était égale à eux-même : molle, répétitive et entièrement inspirée de leurs contemporains. En première partie de Ratatat, ils avaient su présenter une électro planante mal digérée mais pas désagréable, en première partie de Turzi, ils s’essayaient à l’electro-ringarde bonne pour accompagner les films de boules. Oui mais voilà, lorsqu’on vient d’avoir dans les oreilles le dernier album de Sébastien Tellier pour patienter entre les changements de plateau, leur musique fait bien pâle figure. Et lorsqu’ils poussent le vice jusqu’à s’essayer au chant en copiant Phoenix de manière mal-habile (jusqu’à la coupe de cheveux) et bourrée de fausses notes, on se demande si l’on ne va pas sortir prendre l’air. Bref, on désespère de voir ce groupe trouver un jour une véritable personnalité, ce qui est dommage car l’ensemble n’est pas spécialement mauvais, simplement sans âme ni originalité. Ce qui au final était un bon point pour Turzi puisque toute prise de risque paraîtrait intéressante après tant de platitude.

En dépit de plusieurs problèmes techniques au début du spectacle et passant outre la déconvenue d’un Vj-ing loupé (dû pour partie à des problèmes informatiques) censé nous faire visiter les villes-titres à l’aide de Google-Earth, les nouvelles créations de Turzi étaient à la hauteur de nos espérances. Sonnant beaucoup plus rock, l’effort de réduire le débit de paroles permettait de mieux apprécier le concert dans son ensemble. Plus Turzi dévoilait ses nouveaux titres, mieux ils sonnaient. La progression vers son univers krautrock spirituel était parfaitement amenée, les trois derniers titres proposés étant extraits de A et retravaillés pour être plus doux.

Turzi à lassault de la planète...

Turzi à l'assault de la planète...

N’ayant pas pu me procurer de Set-liste, sachant seulement que les premiers titres s’intitulaient Beijing et Bangkok, je proposerai donc une série de dénominations hypothétiques pour les morceaux suivants en fonction de mes impressions. Après un Beijing et un Bangkok très structurés, le Vj –ing indique trois points qui pourraient être « Bâle-Beauvais-Berlin », une invitation au voyage, on commence une descente vers le véritable travail de Turzi. Le titre qui suit, que j’appellerai « Bande de Gaza » apparaît nettement plus anarchique, laissant s’exprimer une batterie et une basse agressives, comme sur la défensive, prêtes à riposter aux attaques des clavier et guitare. On sent comme une ébullition des musiciens, ils demandent à s’exprimer plus fort, à se faire respecter. Et cela semble être le cas dans le morceau suivant (ou seconde partie du morceau précédent, je ne sais pas) que j’ai appelé « Beyrouth », les abcès sont crevés, les pourparlers s’installent, les sonorités orientales prennent le pas sur les impressions de musique bulldozer, les instruments s’observent, s’écoutent, s’entraident. Cela reste mon morceau favori de ce concert. La suite comprend beaucoup plus de chant, se rapprochant du travail du premier opus, l’univers musical se fait plus métallique (j’ai cru comprendre que ce titre s’intitule Baltimore). On reconnaît ensuite des titres en A, retravaillés de façon à se travestir en B, notamment Afghanistan qui pourrait être rebaptisé Bagdad – autre zone de conflit où les américains se sont illustrés pour n’avoir rien réglé d’ailleurs – un morceau d’apparence très structuré et maîtrisé qui laisse s’exprimer finalement chaque instrument et voix dans un chaos complet. Chacun s’exprime comme dans une bulle, n’ayant aucun souci de l’autre.

Voilà, après toutes ces élucubrations personnelles, je prend le risque de m’être complètement plantée sur les intentions des morceaux de Turzi et de faire rire beaucoup de monde, qu’importe je les apprécie comme cela, vivement l’album !

Note : 8/10


 

Leave a Reply