Roman finnois / 2007 / traduit par Anne Colin du Terrail
Oskari Huuskonen est un prêtre luthérien qui ne sait plus où il en est : sa foi n’est plus ce qu’elle était, sa paroisse et sa femme lui cassent les pieds… Jusqu’à ce qu’il reçoive un ourson en guise de cadeau d’anniversaire. Ce sera le début d’aventures rocambolesques.
Dans cette fable incisive, l’auteur s’attaque aux religions et leurs rites dépassés : alors même que le pasteur perd sa foi, son ourson Belzébuth s’avère mimer à la perfection tous les rites religieux et semble habité d’une grande piété. Il permettra même d’éviter un schisme lors d’un congrès à Malte en… mordant les ecclésiastiques.
« Pour l’évêque, il était inconvenant qu’un ecclésiastique se promène avec un ours. C’était trop original. Un prêtre doit être quelconque, de préférence un peu plus banal que la moyenne, même, c’est la meilleure façon de diffuser la bonne parole.
- C’est comme cela aussi à la télévision, dit l’évêque. Plus les émissions sont idiotes, plus elles font de l’audience. L’Eglise doit vivre avec son temps et abaisser d’un bon cran le niveau intellectuel de son message»
Pendant ce temps, Oskari divorce de sa femme, se fait défroquer, couche avec plusieurs femmes plus ou moins stupides, pratique le lancer de javelot ascensionnel… et finit par faire fortune grâce à son ours !
Les voyages forment la jeunesse a-t’on coutume de dire, ils forment indéniablement la vieillesse également. Après avoir vécu toutes ces aventures loufoques à travers l’Europe, Oskari est prêt à revenir s’ennuyer au fin fond de son bled finlandais.
Le tout est cynique et comme toujours avec Paasilinna, très drôle. La traduction est ici très dynamique et comporte plusieurs expressions bien imagées : ainsi l’ours est qualifié de « courte-queue ». Le style retranscrit également très bien la plume acérée de l’auteur.
360 pages à lire d’une traite, pour se détendre.
Note : 8,5/10
