Si l’on se tient à la définition stricte du rock, Pamela Hute ne peut pas concourir dans cette catégorie. Une guitare, une batterie et un synthé : il manque une basse et pourtant il s’agit véritablement de musique rock et la basse ne manque nullement.
C’est frais, c’est énergique, c’est un soupçon sombre et c’est terriblement dansant. Batterie efficace et épurée comme dans les années 80, lignes de guitares raffinées remplissant l’absence de basse et une voix féminine au timbre un peu grave et aguicheur. Oubliez toute fioriture inutile, Pamela Hute évolue dans un univers qui s’est débarrassé de tout ce dont on nous rabat les oreilles actuellement : le faussement original. Tel un funambule, le trio a su mesurer chaque proportion d’insolite, d’émoi et de délicatesse pour ne pas tomber dans le maniérisme. C’est difficile à expliquer mais je dirais qu’ils touchent au spleen, une émotion puissamment mélancolique qui est pourtant animée d’une fulgurante pulsion de vie… Pink Safari est probablement le titre le plus significatif de la manière dont Pamela Hute est capable de vous tenir aux tripes : la voix rappelle du Portishead en moins plaintif et nombriliste… Epuré je vous l’ai dit.
Quel est l’intérêt d’avoir un album dont la moitié est à jeter ? Le sampler de Turtle tales from Overseas ne comporte que cinq titres (sur les 13) mais ils ont le mérite d’être tous efficaces et concentrés en énergie. Gageons que le reste sera à la hauteur de cette mise en bouche… verdict final en 2009.
Note : 7,5/10
